CONTRIBUTION / TRIBUNE LIBRE: Gouvernance et Souveraineté Alimentaire au Sénégal : Le Fouladou, futur poumon de l’élevage national
Par Djiby Diédhiou, militant PASTEF Kolda
MONSIEUR LE MINISTRE, PERMETTEZ-MOI UN DROIT DE RÉPONSE.
En tant que militant de PASTEF, je n’ai aucun problème à reconnaître les divergences qui peuvent exister, y compris les dissensus idéologiques ou politiques. Mais mon engagement n’a jamais été une affaire de personnes. Il est d’abord une affaire de principes, de patriotisme et de transformation du Sénégal.
Vous avez posé un diagnostic : notre dépendance au bétail importé révèle notre déficit de production nationale.
Alors, permettez-moi d’apporter une proposition plutôt qu’une simple critique.
Et si Kolda devenait l’un des territoires pilotes de notre souveraineté alimentaire ?
Kolda dispose de terres, d’un important potentiel pastoral, d’une jeunesse nombreuse et d’un savoir-faire d’élevage. Il faut maintenant transformer ces atouts en chaîne de valeur structurée :

- Modernisation et amélioration génétique du cheptel : Adapter nos races locales pour accroître les rendements de viande et de lait.
- Production locale d’aliments pour bétail : Exploiter nos terres agricoles pour garantir une alimentation saine, continue et à faible coût.
- Sécurisation de l’eau pastorale : Multiplier les forages, mares aménagées et bassins de rétention pour stabiliser le bétail.
- Abattoirs modernes et unités de transformation : Sortir de l’exportation brute et créer de la valeur ajoutée sur place.
- Chaîne du froid et stockage : Offrir des infrastructures de conservation répondant aux normes sanitaires internationales.
- Développement de la filière lait : Structurer les circuits de collecte locaux pour approvisionner les marchés nationaux.
- Formation et financement des jeunes : Créer des écosystèmes d’agropasteurs qualifiés et autonomes.
- Infrastructures de transport et de commercialisation : Désenclaver les zones de production pour relier Kolda aux grands centres urbains.
L’objectif est simple : moins importer, produire davantage, transformer localement et stabiliser durablement les prix.
C’est précisément le sens que nous devons donner à l’Agenda national de transformation et à la Vision Sénégal 2050 : faire de nos territoires des moteurs de la souveraineté économique.
Monsieur le Ministre, nous ne voulons pas être des spectateurs qui commentent les difficultés du pays. Nous voulons être des citoyens engagés capables de proposer des solutions. Parce qu’au-dessus des hommes, des fonctions et des contingences politiques, il y a le Sénégal.
Et pour nous, militants de PASTEF, servir le Sénégal signifie aussi savoir dire : « Quand une politique va dans le bon sens, nous l’accompagnons. Quand elle doit être améliorée, nous proposons. Et quand elle s’éloigne de nos engagements, nous le disons. »
Kolda ne demande pas de faveur. Kolda demande qu’on libère son potentiel.
