12 septembre 2026

Bignarabé au cœur de la relance de la filière anacarde : entre reboisement et ambitions d’industrialisation.

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À Bignarabé, dans le département de Médina Yoro Foulah, le reboisement de l’anacardier prend une nouvelle dimension. À travers la mise en terre de milliers de plants et le développement d’unités de transformation, les acteurs misent sur la noix de cajou pour renforcer l’économie locale, créer des emplois et retenir davantage de valeur ajoutée dans le Fouladou.

BIGNARABÉ — La commune de Bignarabé a accueilli le lancement des opérations de reboisement de l’anacardier dans le cadre de la première édition des Journées de reboisement national consacrées à cette spéculation.

La mobilisation des producteurs, des autorités locales et des acteurs de la filière traduit l’ambition de faire de l’anacarde un véritable levier de développement territorial.

3 000 plants pour renforcer le verger local

Au total, 3 000 plants d’anacardiers sont prévus dans le cadre de l’opération à Bignarabé. La mise en terre doit concerner plusieurs villages de la commune et contribuer au renouvellement et à l’extension du verger.

Pour les acteurs de la filière, cette initiative répond à un enjeu majeur : garantir une disponibilité suffisante de matière première pour accompagner le développement de la transformation locale.

Cette perspective est déjà amorcée à Kamarakounda, où un Groupement d’Intérêt Économique (GIE) a bénéficié d’une ligne de transformation mise à disposition par le ministère de l’Industrie à travers le Projet d’Appui à la compétitivité de l’ Anacarde du Sénégal (PACAS).

Le développement simultané de la production et de la transformation doit permettre de mieux structurer la chaîne de valeur et d’accroître les revenus des producteurs.

Kolda veut transformer son potentiel en valeur ajoutée

La dynamique de Bignarabé s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de l’agro-industrie dans la région de Kolda.

L’Agropole Sud a notamment retenu l’anacarde parmi ses filières prioritaires, aux côtés de la mangue. L’objectif est de favoriser l’émergence d’un écosystème capable de connecter producteurs, unités de transformation, structures d’accompagnement et investisseurs.

Le FNDASP, l’ANAZOR et le projet PACAS figurent parmi les acteurs mobilisés autour de la structuration de la filière dans les trois départements de la région.

Transformer localement pour retenir la richesse

L’enjeu dépasse la seule production agricole. Il porte également sur la capacité du territoire à transformer localement la noix de cajou.

Selon les données avancées par les acteurs de la filière, le Sénégal exporte chaque année pour près de 100 milliards de FCFA d’anacarde brute, dont une part importante provient de la région de Kolda.

Une situation qui pose la question de la valeur ajoutée perdue lorsque la production quitte le territoire sans transformation.

La transformation locale pourrait ainsi contribuer à développer de nouvelles activités : décorticage, conditionnement, emballage, commercialisation, mais aussi production de sous-produits issus de la noix de cajou.

L’anacarde comme opportunité pour la jeunesse

Dans un contexte marqué par l’exode rural et les départs de jeunes à la recherche d’opportunités économiques, la filière anacarde est également présentée comme un moyen de créer des perspectives directement dans les terroirs.

Des parcelles modèles, associées à des équipements agricoles et à des dispositifs de sécurisation, sont développées pour renforcer les capacités des jeunes producteurs et favoriser l’émergence d’agri-preneurs.

L’ambition est de faire de l’agriculture non plus seulement une activité de subsistance, mais un véritable secteur entrepreneurial capable de générer des revenus et des emplois.

Du reboisement à l’industrialisation

À Bignarabé, le reboisement de l’anacardier apparaît ainsi comme le premier maillon d’une stratégie beaucoup plus large.

L’objectif affiché est de construire une chaîne de valeur allant de la plantation à la transformation et au conditionnement, afin que davantage de richesses générées par l’anacarde restent dans le Fouladou.

Le défi sera désormais de maintenir l’effort de plantation, d’assurer l’entretien des vergers, de sécuriser l’approvisionnement des unités de transformation et surtout de créer les conditions d’une véritable industrialisation rurale.

Pour les acteurs de la filière, l’enjeu est clair : faire de l’anacarde non plus une simple production destinée à l’exportation brute, mais une source durable de revenus, d’emplois et de développement pour les populations de Kolda.

Pape Kadialy BADJI

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