12 septembre 2026

Gouvernance des finances publiques : le Plan de traitement de la dette du Sénégal présenté à la presse.

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Dakar — 3 septembre 2026. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a organisé ce jeudi un « Café-Presse » consacré à la nouvelle trajectoire économique et financière du Sénégal. Au centre des échanges avec les médias nationaux et internationaux : le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS), présenté comme l’un des principaux instruments de restauration des marges de manœuvre budgétaires de l’État.

La rencontre intervient deux jours après l’annonce, par les autorités sénégalaises, d’un accord technique avec le Fonds monétaire international (FMI) ouvrant la voie à un programme de financement d’environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 243 milliards de FCFA, sur 36 mois. Cet accord reste soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI et à la satisfaction de certaines conditions préalables.

Le PTDS au cœur de la nouvelle trajectoire financière

Pendant près de deux heures, les responsables du ministère ont échangé avec les professionnels de la presse sur les principaux axes de la nouvelle stratégie économique.

Les discussions ont notamment porté sur la gestion de la dette publique, la mobilisation des recettes internes, l’efficacité de la dépense publique, la maîtrise des risques budgétaires, le financement de l’économie, l’amélioration de l’environnement des affaires et la préservation des dépenses sociales.

Le Secrétaire général du ministère, Alioune Ndiaye, le directeur de cabinet du ministre, Amadou Abdoulaye Badiane, ainsi que plusieurs directeurs généraux du département ont pris part aux échanges.

Une dette devenue un enjeu majeur pour le budget

Le gouvernement justifie le PTDS par le poids croissant du service de la dette sur les finances publiques.

Selon le ministre Cheikh Diba, 25 % des recettes de l’État sont consacrées au paiement des intérêts de la dette en 2026, ce qui réduit mécaniquement les ressources disponibles pour les secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la protection sociale.

Le ministère rappelle par ailleurs que le déficit budgétaire, qui atteignait 13,4 % du PIB en 2024, a été ramené à 6,4 % en 2025. Mais la dégradation du profil de risque du Sénégal et les difficultés d’accès aux marchés internationaux continuent de peser sur les marges de financement de l’État.

Pour 2026, le ministère projette une croissance réelle de 2,7 %, après 6,5 % en 2024 et 6,7 % en 2025, ces deux dernières années ayant notamment bénéficié de la montée en puissance des hydrocarbures.

Dette en francs CFA exclue du dispositif

L’une des précisions importantes du PTDS concerne le périmètre du traitement.

Selon le ministère, la dette libellée en francs CFA restera en dehors du champ du plan, compte tenu du rôle du marché régional dans le financement de l’État et de l’économie. Le gouvernement entend ainsi préserver le fonctionnement du marché régional tout en travaillant sur les autres composantes de la dette.

Dakar prévoit également de travailler avec ses partenaires officiels dans le cadre du Cadre commun du G20, dans une version que les autorités souhaitent adapter aux spécificités sénégalaises. L’objectif affiché est notamment d’accélérer les consultations avec les différents créanciers et de réduire les besoins de refinancement.

300 milliards de FCFA pour les entreprises

Le plan doit également avoir des répercussions sur le secteur privé.

Le gouvernement a annoncé la mobilisation de 300 milliards de FCFA d’ici la fin de 2026 pour contribuer au règlement des créances dues aux entreprises. Selon Cheikh Diba, ces paiements doivent améliorer la trésorerie des entreprises, réinjecter des ressources dans l’économie et préserver leur capacité d’investissement.

Cette orientation s’inscrit dans la volonté affichée de faire du traitement de la dette non seulement un instrument de rééquilibrage budgétaire, mais aussi un levier de relance économique et de soutien à l’emploi.

Les subventions énergétiques dans la nouvelle équation

Autre volet sensible de la nouvelle trajectoire : la réforme progressive des subventions énergétiques.

Le gouvernement prévoit un ciblage plus précis des aides publiques afin de concentrer les soutiens sur les ménages les plus vulnérables, tout en réorientant progressivement les ressources vers les priorités nationales. Cette réforme doit aller de pair avec le renforcement de la protection sociale.

Le Conseil des ministres du 2 septembre a d’ailleurs demandé l’accélération de la mise en place du dispositif de ciblage des subventions et le paiement des bourses nationales de sécurité familiale au plus tard à la fin septembre.

Préserver les dépenses sociales

Pour les autorités, l’objectif du PTDS n’est donc pas uniquement de réduire la pression de la dette. Le plan doit permettre de dégager progressivement des marges budgétaires pour financer les investissements publics et les secteurs sociaux prioritaires.

Le gouvernement assure également vouloir renforcer les mécanismes de transparence et communiquer régulièrement sur les différentes étapes du processus.

La transparence au cœur du « Café-Presse »

C’est précisément dans cette logique que le ministère a organisé cette rencontre avec les médias.

Le choix d’un échange approfondi avec la presse nationale et internationale vise à permettre une meilleure compréhension des mécanismes économiques, budgétaires et financiers qui accompagnent le PTDS et le nouvel accord technique avec le FMI.

La rencontre tenue à la salle de conférence Mouhamadou Makhtar Cissé de la Direction générale des Douanes traduit ainsi, selon le ministère, la volonté des autorités de renforcer la transparence dans la gouvernance des finances publiques et d’améliorer l’information du public sur les choix économiques du Sénégal.

À retenir : le PTDS constitue désormais l’un des principaux chantiers de la politique économique sénégalaise. Son enjeu dépasse la seule gestion de la dette : il s’agit, pour le gouvernement, de restaurer des marges budgétaires, soutenir les entreprises, préserver les dépenses sociales et créer les conditions d’une reprise durable de l’activité.

KOLDAWEB.COM — Économie / Finances publiques

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