12 septembre 2026

Changement climatique : cinq micro-projets communautaires lancés au Sénégal, dont un à Kolda.

images (95)

DAKAR — Le Sénégal renforce son dispositif d’adaptation aux effets du changement climatique. Cinq micro-projets communautaires ont été officiellement lancés ce jeudi 3 septembre 2026 à Dakar, dans le cadre du Projet de mise en œuvre des priorités régionales et nationales d’adaptation en Afrique centrale et de l’Ouest (PACO).

La cérémonie a été présidée par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf, en présence des partenaires techniques et financiers, du Centre de suivi écologique (CSE) et des organisations retenues. Les porteurs des cinq initiatives ont reçu symboliquement leurs chèques de financement, marquant le démarrage de la phase opérationnelle.

459 millions de FCFA pour cinq projets

L’initiative bénéficie d’une enveloppe globale de 700 000 euros, soit environ 459 millions de FCFA, financée par le gouvernement allemand à travers l’Initiative internationale pour le climat (IKI). Les cinq projets ont été sélectionnés parmi 134 candidatures reçues à l’issue de l’appel à projets.

Chaque organisation bénéficiaire pourra disposer d’un financement allant jusqu’à 140 000 euros, soit environ 91,8 millions de FCFA, pour mettre en œuvre des solutions concrètes d’adaptation dans les territoires concernés.

Selon le ministre Aliou Gori Diouf, l’objectif est de dépasser le stade des stratégies et des engagements pour parvenir à des actions concrètes directement utiles aux populations. Il souligne notamment les effets du changement climatique sur l’agriculture, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance.

Cinq initiatives dans plusieurs territoires

Les projets couvrent plusieurs zones du Sénégal et ciblent différents enjeux liés à la vulnérabilité climatique.

  • CARITAS Saint-Louis porte le projet SAGE/SL dans les communes de Gandon et Diama ;
  • ENDA Énergie met en œuvre le projet PRAFAM à Kaolack, Fatick et Thiès ;
  • IRRIGASC intervient à Fatick sur l’arboriculture familiale résiliente ;
  • FENPROSE développe une initiative autour d’une filière sésame durable à Nioro du Rip et Sokone ;
  • Le consortium 7A MAA-REWEE / JENKU FULADU conduit le projet PARRE dans la région de Kolda.

Les domaines d’intervention comprennent notamment l’agriculture, l’élevage, la pêche, la gestion de l’eau et la préservation des écosystèmes forestiers.

Kolda au cœur du dispositif

Dans la région de Kolda, le projet PARRE, porté par le consortium 7A MAA-REWEE / JENKU FULADU, doit contribuer à renforcer la résilience des communautés locales face aux effets des dérèglements climatiques.

Ce choix s’inscrit dans une approche privilégiant des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire, notamment dans les secteurs directement liés aux moyens de subsistance des populations.

Des projets conçus comme des laboratoires

Au-delà de leur impact local, les cinq micro-projets doivent également permettre de produire des données, des résultats et des enseignements susceptibles d’alimenter la politique nationale d’adaptation du Sénégal.

Le CSE est chargé de veiller à la cohérence des initiatives avec la politique climatique nationale. Le PACO entend ainsi favoriser la capitalisation des expériences et permettre la reproduction des solutions qui auront démontré leur efficacité.

Le projet est mis en œuvre par le Centre de suivi écologique (CSE), en partenariat avec la GIZ, sous l’ancrage institutionnel du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique. Il bénéficie du financement du ministère fédéral allemand de l’Environnement à travers l’Initiative internationale pour le climat (IKI).

L’enjeu : transformer les financements en résultats

Avec ces cinq initiatives, les autorités veulent rapprocher les politiques nationales d’adaptation des réalités vécues dans les communautés.

L’enjeu sera désormais de transformer les financements en résultats mesurables sur le terrain, notamment en matière de sécurité alimentaire, de gestion durable des ressources naturelles, de revenus des ménages et de capacité des populations à anticiper les effets du changement climatique.

Pour le Sénégal, cette nouvelle étape du PACO constitue ainsi une opportunité de tester des solutions locales et de renforcer progressivement la résilience des territoires les plus exposés aux dérèglements climatiques.

KOLDAWEB.COM Pape Kadialy BADJI

Partagez sur :