12 septembre 2026

Gabon : 1 700 milliards de FCFA de fonds publics à recouvrer, 600 dossiers sous pression

LIBREVILLE — La Cour des comptes gabonaise hausse le ton dans l’affaire des 1 700 milliards de francs CFA de fonds publics qui n’auraient pas été recouvrés au cours des vingt dernières années. Près de 600 dossiers impliquant des personnes physiques et des entreprises sont concernés par une nouvelle procédure de recouvrement.

Le premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, a annoncé un délai d’un mois aux personnes concernées pour régulariser leur situation.

Un délai jusqu’au 7 octobre

Invité sur la chaîne publique Gabon 24, le responsable de la Cour des comptes a indiqué que le délai court du 7 septembre au 7 octobre 2026.

À l’issue de cette période, les dossiers des débiteurs qui n’auront pas régularisé leur situation pourraient être transmis à la justice répressive et examinés par la Cour criminelle spéciale, selon les déclarations rapportées.

Des responsables publics et des entreprises concernés

D’après le premier président de la Cour des comptes, les dossiers concernent notamment des comptables publics et des ordonnateurs de crédits, parmi lesquels des ministres, des maires et des présidents d’assemblées départementales.

Des entreprises privées seraient également concernées, notamment pour des prestations qui auraient été payées alors que les travaux ou services correspondants n’auraient pas été réalisés.

Ces sommes, selon la Cour des comptes, se sont accumulées sur plusieurs années, certains dossiers remontant à près de deux décennies.

Des remboursements jugés insuffisants

Environ 600 dossiers auraient fait l’objet de mises en débet à la suite de contrôles. Mais le recouvrement demeure limité.

Selon les informations rapportées par GabonActu, certains débiteurs auraient effectué des remboursements considérés comme très faibles au regard des montants réclamés.

Une source citée par le média affirme par ailleurs qu’un seul débiteur devrait à l’État 800 milliards de francs CFA, soit près de la moitié du montant total de 1 700 milliards évoqué dans le dossier.

Une dette transmissible à la succession

La question de la prescription constitue également un élément important du dispositif présenté.

Selon les informations rapportées, la législation gabonaise ne prévoit pas de prescription pour les mises en débet. En cas de décès du débiteur principal, la dette pourrait ainsi être transférée à sa succession, jusqu’à la quatrième génération.

Pour les entreprises en faillite, les procédures de recouvrement obéissent à des règles spécifiques, notamment sous la responsabilité du liquidateur. En cas de faillite totale constatée par la justice, certaines créances peuvent finalement être inscrites en pertes et profits.

Cette offensive de la Cour des comptes marque ainsi une volonté affichée de renforcer le recouvrement des fonds publics et de faire aboutir des dossiers restés, pour certains, sans règlement depuis plusieurs années.

Pape Kadialy BADJI KOLDAWEB

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