12 septembre 2026

Prévention du suicide et santé mentale : depuis Kolda, Enda Jeunesse Action appelle à briser le silence.

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COUMBA BOYE

Par Pape Kadialy Badji — Koldaweb

À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, la question de la santé mentale des jeunes revient au premier plan. À Kolda, Coumba Boye, responsable au sein d’Enda Jeunesse Action, appelle à une mobilisation collective pour mieux détecter les situations de détresse, lutter contre la stigmatisation et rapprocher l’accompagnement des communautés.

Repérer les signes avant-coureurs

Pour Coumba Boye, la prévention passe d’abord par la capacité de l’entourage à identifier les changements de comportement chez une personne en souffrance.

« Les principaux signes qui doivent alerter l’entourage lorsqu’une personne traverse une période de détresse psychologique ou présente un risque suicidaire, c’est d’abord le changement de comportement », explique-t-elle.

Isolement soudain, retrait des activités habituelles, troubles du sommeil ou de l’alimentation, irritabilité et changement marqué d’humeur peuvent constituer des signaux d’alerte. L’expression d’un profond mal-être ou d’un sentiment d’inutilité doit également être prise au sérieux.

L’enjeu, selon l’actrice communautaire, est d’intervenir avant que la personne ne s’enferme davantage dans son isolement.

Sortir la santé mentale des tabous

Au Sénégal, les représentations liées à la santé mentale peuvent encore constituer un obstacle à la recherche d’aide. Certaines souffrances sont parfois assimilées à la folie ou interprétées uniquement sous l’angle mystique.

Coumba Boye plaide ainsi pour une meilleure compréhension de la notion de santé mentale.

« Il faut d’abord que les gens arrivent à délimiter la frontière entre santé mentale et maladie mentale », souligne-t-elle, appelant à « démystifier le mot santé mentale ».

Pour Enda Jeunesse Action, la prévention ne doit donc pas relever uniquement des professionnels spécialisés. La famille, l’école, les associations et les acteurs communautaires ont également un rôle essentiel à jouer.

Faire de la communauté un espace d’écoute

La « communautarisation » de la santé mentale apparaît ainsi comme l’une des pistes mises en avant. Elle passe notamment par la formation de relais communautaires capables de repérer les situations préoccupantes et d’orienter les personnes vers les services compétents.

Dans les familles comme dans les établissements scolaires, la création d’espaces d’écoute doit permettre aux jeunes de parler de leurs difficultés sans craindre le jugement ou la stigmatisation.

Écouter, accompagner et orienter plutôt que juger : telle doit être, selon cette approche, la réponse collective face à la détresse psychologique.

Aller vers ceux qui n’osent pas demander de l’aide

Coumba Boye distingue également différentes situations auxquelles l’entourage peut être confronté.

Lorsqu’un jeune reconnaît sa souffrance et cherche de l’aide, l’objectif est de faciliter rapidement son accès à un professionnel ou à une structure d’accompagnement adaptée.

La situation est différente lorsque la personne reste dans le déni ou s’isole au point de ne plus pouvoir effectuer elle-même les démarches. Dans ce cas, les proches doivent aller vers elle, établir progressivement un climat de confiance et faciliter son orientation vers une prise en charge appropriée.

Une responsabilité collective

Pour les acteurs engagés dans la prévention, la lutte contre le suicide ne peut être dissociée d’une politique plus large en faveur de la santé mentale et du bien-être des jeunes.

Sensibilisation, écoute, accompagnement, accès aux professionnels et lutte contre la stigmatisation constituent autant de leviers à renforcer.

À Kolda comme ailleurs, le message porté par Enda Jeunesse Action est clair : une personne en détresse ne doit pas rester seule face à sa souffrance. Parents, enseignants, éducateurs, amis et leaders communautaires peuvent chacun contribuer à rompre l’isolement et à orienter vers une aide appropriée.

La prévention commence souvent par un geste simple : remarquer qu’une personne ne va pas bien, l’écouter sans la juger et l’aider à trouver le soutien dont elle a besoin.

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