Casamance : la COSPAC lance l’« Appel de Kolda » pour une paix définitive
KOLDA — La Coordination sous-régionale des organisations de la société civile pour la paix en Casamance (COSPAC) et la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC/IRAPA) ont lancé, à Kolda, l’« Appel de Kolda », une déclaration qui appelle à accélérer le processus de paix et à faire de la fin du conflit une réalité durable et irréversible.
Adopté à l’issue de deux journées de concertation, les 12 et 13 septembre 2026, le document s’inscrit dans les préparatifs de la tournée de la « Flamme pour le retour de la paix en Casamance », annoncée du 18 au 21 décembre prochain. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique déjà engagée par la société civile autour du dialogue, du dépôt des armes et de la réinsertion des ex-combattants.
Faire de la paix une priorité nationale
Dans leur déclaration, les organisations de la société civile interpellent d’abord l’État du Sénégal. Elles l’appellent à faire de la paix en Casamance une priorité nationale, tout en accélérant les actions de reconstruction, le retour sécurisé des populations déplacées et le désenclavement des zones affectées par le conflit.
La réinsertion socio-économique des ex-combattants figure également parmi les priorités. La COSPAC s’appuie notamment sur l’expérience de 255 ex-combattants issus de la faction IRAPA/Diakaye, qui avaient déposé les armes en mai 2023. Cette étape avait été présentée comme un jalon important du processus de paix.
Un appel au dialogue avec le MFDC
L’« Appel de Kolda » s’adresse également au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Les organisations invitent ses différentes factions à saisir l’opportunité actuelle pour privilégier les négociations et poursuivre le dialogue avec l’État.
Pour les acteurs de la société civile, la consolidation de la paix passe par une solution politique négociée, mais aussi par le respect des engagements déjà pris et l’accompagnement des populations affectées par le conflit.
Les femmes et les jeunes au cœur de la reconstruction
La déclaration accorde une place particulière aux femmes et aux jeunes. La COSPAC et la PFPC/IRAPA plaident pour la mise en place d’une coalition citoyenne permanente capable d’accompagner le processus de paix sur le terrain.
Les femmes sont notamment appelées à renforcer leur rôle dans la médiation et la prévention des conflits, tandis que les jeunes sont invités à se projeter vers l’avenir et à devenir des acteurs majeurs de la reconstruction économique et sociale de la Casamance.
Les médias invités à promouvoir un journalisme de paix
Les organisations lancent par ailleurs un appel aux médias et aux partenaires internationaux. Elles les encouragent à contribuer à la consolidation de la cohésion sociale à travers un journalisme de paix, tout en soutenant les initiatives de développement local.
Cette démarche rejoint les recommandations formulées lors de précédentes rencontres de la société civile, qui insistaient déjà sur le dialogue avec les différentes factions du MFDC, le retour des déplacés, la réinsertion des ex-combattants et le déminage humanitaire.
Vers la « Flamme pour le retour de la paix »
L’« Appel de Kolda » constitue ainsi un nouveau plaidoyer pour transformer les avancées enregistrées ces dernières années en une paix durable. La future tournée de la « Flamme pour le retour de la paix en Casamance » doit prolonger cette mobilisation auprès des populations et des différentes composantes de la société.
À travers cette initiative, la COSPAC et ses partenaires veulent faire de la paix un engagement collectif, porté par l’État, les acteurs du conflit, les populations, les femmes, les jeunes, les médias et les partenaires au développement.
« La Casamance a suffisamment souffert » : le message porté depuis Kolda est désormais celui d’une volonté de reconstruire, de réconcilier et de tourner définitivement la page du conflit.
Pape Kadialy BADJI
