Détresse sanitaire à Médina Chérif : Face à l’invasion de moustiques et au paludisme, les habitants appellent la mairie et les services d’hygiène à l’aide.
Par Pape Kadialy BADJI — Koldaweb
À Médina Chérif, un quartier populaire de la commune de Kolda, la saison des pluies est loin d’être un moment de répit. Depuis plusieurs mois, les riverains font face à une prolifération incontrôlée de moustiques qui empoisonne leur quotidien et ravive l’angoisse des maladies vectorielles. Entre lassitude, risques sanitaires et sentiment d’abandon, les populations tirent la sonnette d’alarme et interpellent d’urgence les autorités municipales et les services d’hygiène.
Un environnement propice à la prolifération des insectes
Dans les ruelles du quartier, le constat est saisissant et les causes de cette invasion sont bien visibles. L’abondance de terrains vagues non bâtis et envahis par de hautes herbes offre un refuge idéal à la faune nocive. À cela s’ajoutent l’accumulation de déchets usagés, de vieux pneumatiques et la stagnation des eaux pluviales un peu partout dans le secteur.
« À Médina Chérif, c’est vraiment un constat alarmant. Il y a encore beaucoup de terrains non habités, ce qui explique une montée fulgurante des herbes. Les moustiques nous fatiguent jour et nuit », déplore un habitant dépité.
Un autre riverain pointe du doigt la dégradation du cadre de vie et le manque de civisme ambiant :
« Les gens font parfois n’importe quoi. Les secteurs ne sont pas désherbés, il y a des flaques d’eau partout, des pneus et de la saleté. Cette négligence de l’hygiène pèse très lourd sur notre santé. »
Le spectre du paludisme et le sentiment d’abandon
Cette présence massive de moustiques n’est pas qu’une simple nuisance sonore ou cutanée : elle a des répercussions directes et inquiétantes sur la santé publique. En cette période hivernale, les cas de paludisme se multiplient à un rythme préoccupant dans les foyers de Médina Chérif.
Face à cette menace grandissante, les résidents déplorent la rareté, voire l’absence, des secours institutionnels habituels. Beaucoup regrettent le temps où la municipalité distribuait régulièrement des moustiquaires imprégnées d’insecticide ou procédait à des campagnes de saupoudrage.
« Nous avons l’impression d’être oubliés par la mairie et le service d’hygiène. Cela fait plusieurs années que nous ne recevons plus de moustiquaires imprégnées. On se demande vraiment pourquoi une telle situation arrive. Nous implorons la mairie de nous venir en aide pour soulager nos souffrances », lance un habitant désemparé.
Les pistes des riverains pour sortir de la crise
Conscients de la gravité de la situation, les résidents de Médina Chérif ne se contentent pas de dénoncer : ils préconisent des mesures d’urgence pour assainir leur cadre de vie et endiguer le fléau :
- Désherbage systématique des parcelles abandonnées et des abords des concessions.
- Résorption et drainage des eaux stagnantes pour supprimer les gîtes larvaires.
- Élimination des dépôts sauvages d’ordures et d’objets accumulant l’eau de pluie.
- Respect rigoureux des règles d’hygiène individuelle et collective.
Mais ces initiatives citoyennes resteront insuffisantes sans un coup de pouce des autorités publiques. Les habitants de Médina Chérif attendent désormais une réaction rapide et concrète de la mairie de Kolda ainsi que des services d’hygiène à travers des opérations de pulvérisation et de désinfection avant que la situation sanitaire ne devienne irrémédiable.
Pape Kadialy BADJI -Ousseynou SEYDI – KOLDAWEB
