Banque mondiale : l’Afrique attire davantage de capitaux privés pour financer son développement.
DAKAR — Face à l’ampleur des besoins de financement du continent africain, le Groupe de la Banque mondiale mise de plus en plus sur la mobilisation des capitaux privés. L’objectif est de compléter les ressources publiques et concessionnelles en attirant davantage d’investisseurs vers les infrastructures, l’énergie et les secteurs productifs, une orientation mise en avant ce 18 septembre par RFI.
Le secteur privé appelé à prendre davantage de place
La Banque mondiale considère que les ressources publiques et celles des institutions internationales ne peuvent, à elles seules, couvrir les besoins de développement des économies émergentes.
Dans sa stratégie, le Groupe souligne ainsi la nécessité de lever les obstacles à l’investissement et de créer un environnement permettant aux capitaux privés de financer davantage de projets de développement. La Société financière internationale (IFC), branche du Groupe consacrée au secteur privé, joue un rôle central dans ce dispositif.
La Banque mondiale estime plus largement à environ 4 000 milliards de dollars par an le déficit d’investissement à combler pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici à 2030. Elle souligne, en parallèle, que les institutions financières mondiales disposent de quelque 400 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion.
Garanties et financements mixtes pour réduire les risques
Pour convaincre les investisseurs de s’engager dans les économies en développement, le Groupe de la Banque mondiale développe plusieurs mécanismes : garanties, financements concessionnels, cofinancements et partage des risques.
L’enjeu est notamment de rendre financièrement viables des projets considérés comme trop risqués par les investisseurs traditionnels.
Cette démarche ne se limite pas au financement. L’IFC accompagne également les entreprises et les gouvernements dans l’amélioration du climat des affaires, de la gouvernance et des infrastructures nécessaires au développement du secteur privé.
L’Afrique au cœur des besoins d’investissement
Sur le continent africain, les besoins demeurent particulièrement importants dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, le numérique et la création d’emplois.
La stratégie consiste donc à utiliser davantage les ressources des institutions multilatérales comme levier, afin de mobiliser des montants supplémentaires auprès des investisseurs privés.
Cette approche s’inscrit dans une évolution plus large du modèle de financement du développement : les institutions internationales cherchent désormais à combiner ressources publiques, financements concessionnels et capitaux privés plutôt que de faire reposer les investissements uniquement sur l’endettement public.
Un défi : rendre les projets africains plus attractifs
La mobilisation de capitaux ne dépend toutefois pas uniquement de leur disponibilité. Les investisseurs prennent également en compte la stabilité macroéconomique, le cadre réglementaire, la gouvernance, la rentabilité des projets et les risques financiers.
La Banque mondiale met ainsi l’accent sur la nécessité de construire des infrastructures, d’établir des règles claires et prévisibles et de faciliter l’investissement privé.
Pour les économies africaines, l’enjeu sera donc double : attirer davantage de capitaux privés tout en veillant à ce que ces investissements contribuent effectivement au développement, à la création d’emplois et à la transformation économique du continent.
Par la Rédaction de KOLDAWEB
