5 octobre 2026

Microfinance : Alioune Dione appelle à renforcer les financements durables.

0
file_000000005a208210b0c1511409b7680b

KOLDAWEB — Par Pape Kadialy BADJI

Le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, veut accélérer la mobilisation de financements durables en faveur du secteur de la microfinance. Il s’exprimait ce jeudi 1er octobre 2026 à Dakar, lors de la 30ᵉ session du Comité national de coordination des activités de microfinance (CNC), organisée autour du thème : « La microfinance face aux défis de la mobilisation du financement durable ».

Plus de 4,7 millions de membres et clients

Selon les données présentées par le ministre, les institutions de microfinance occupent désormais une place importante dans l’inclusion financière et le financement de l’économie sénégalaise.

Elles desservent plus de 4,7 millions de membres et clients. À fin 2025, l’encours des crédits s’élevait à 849,9 milliards de francs CFA, contre 634,7 milliards de francs CFA pour l’épargne. Les fonds propres atteignaient, pour leur part, 230,6 milliards de francs CFA.

Alioune Dione a également indiqué que ces résultats placeraient le Sénégal au premier rang de la microfinance dans l’espace UEMOA, avec 15,5 % des comptes de microfinance de l’Union.

Des fragilités qui persistent

Malgré ces performances, le ministre a relevé plusieurs difficultés, notamment le niveau des créances en souffrance. Celles-ci représentent 6 % de l’encours de crédit, alors que la norme prudentielle est fixée à 3 %, selon les données citées lors de la rencontre.

Le ministre a par ailleurs insisté sur l’application du nouveau cadre réglementaire issu de la loi n°2025-04 du 19 février 2025 portant réglementation de la microfinance.

Son département travaille notamment avec l’APIM-Sénégal et les organes de supervision pour accompagner les institutions dans l’appropriation de cette nouvelle réglementation.

Diversifier les sources de financement

Autre enjeu identifié : l’évolution de l’environnement international du financement. La raréfaction des subventions et des lignes de crédit bonifiées, ainsi que les difficultés d’accès aux ressources longues, poussent les institutions de microfinance à rechercher de nouvelles sources de financement.

Le ministre a notamment évoqué la finance verte et climatique, les obligations sociales et durables, les garanties partielles de portefeuille et le refinancement local.

Ces instruments restent toutefois confrontés à plusieurs contraintes, notamment le manque de capacités techniques, l’absence d’une taxonomie suffisamment claire et l’insuffisance de mécanismes de refinancement adaptés aux institutions de microfinance.

Près de 12 milliards de FCFA mobilisés via le PACTIFU

Alioune Dione a également mis en avant le Pacte pour l’Inclusion Financière Universelle (PACTIFU), présenté comme une traduction opérationnelle de la Stratégie de Finance Ciblée adoptée en Conseil des ministres en décembre 2024.

Le dispositif vise notamment à renforcer la protection des clients, améliorer la gouvernance des institutions, développer la culture financière et faciliter l’accès au financement des activités productives.

Le ministre a annoncé près de 12 milliards de francs CFA déjà mobilisés en quelques mois dans ce cadre. Il a aussi cité la contribution du FONGIP et de la CDMP SA, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, avec des lignes de garantie et de refinancement de plus de 3 milliards de francs CFA destinées aux institutions de microfinance.

Agriculture, pêche et élevage parmi les secteurs ciblés

Le PACTIFU accorde une attention particulière au financement de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage et de la transformation des produits locaux.

Face aux nouveaux besoins liés notamment à la transition climatique et environnementale, le ministre a appelé les acteurs du secteur à poursuivre leurs efforts en matière de diversification des ressources, de gouvernance, de gestion des portefeuilles et d’intégration des critères environnementaux et sociaux.

Il a enfin plaidé pour une meilleure coordination entre les partenaires techniques et financiers et les structures publiques, afin de renforcer la cohérence des interventions et d’éviter les duplications.

Source : RTS, 1er octobre 2026.

Partagez sur :

Laisser un commentaire