5 octobre 2026

SENELEC sous tension : les syndicats haussent le ton sur les dettes de l’État.

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La situation financière de la SENELEC continue d’alimenter les inquiétudes. Face à l’accumulation des créances publiques, les organisations syndicales mettent la pression sur les autorités et réclament des mesures pour préserver l’équilibre financier de l’entreprise.

DAKAR — KOLDAWEB. La tension monte à la Société nationale d’électricité du Sénégal. Les syndicats alertent sur le poids des sommes dues à la SENELEC et dénoncent une situation financière qui, selon eux, fragilise les capacités de l’entreprise à assurer durablement ses missions.

Parmi les montants avancés figurent notamment plus de 182 milliards de francs CFA de factures impayées par des structures publiques, auxquels s’ajouteraient 391 milliards de francs CFA au titre des compensations tarifaires dues par l’État. Ces chiffres sont également évoqués dans les débats récents autour de la situation financière de l’entreprise.

Les syndicats mettent l’État face à ses responsabilités

Pour les représentants des travailleurs, l’accumulation de ces créances constitue un facteur de tension majeur pour la SENELEC. Ils demandent notamment un règlement diligent des sommes dues par les structures publiques et une clarification des relations financières entre l’État et la société nationale.

La question intervient dans un contexte déjà difficile pour le secteur de l’électricité, marqué ces dernières semaines par des perturbations de la fourniture et par des contraintes liées aux coûts des combustibles et à la disponibilité de certains moyens de production.

Une entreprise confrontée à de lourdes créances

Les données publiées par la SENELEC montrent que les créances constituent une problématique ancienne. Dans son rapport annuel 2024, l’entreprise évaluait ses créances à 283,64 milliards de francs CFA à fin décembre 2024, dont 153,54 milliards de francs CFA pour l’administration.

Cette situation financière intervient alors que la SENELEC doit parallèlement financer l’approvisionnement en énergie, la maintenance de ses installations et les investissements nécessaires à la modernisation du réseau.

Le risque d’un nouveau bras de fer

Les syndicats réclament donc des réponses concrètes des pouvoirs publics. Le dossier de la dette de l’État envers la SENELEC s’ajoute ainsi aux préoccupations sociales liées notamment au paiement des primes des travailleurs.

Un accord intervenu fin septembre entre le gouvernement et la Convergence syndicale des travailleurs de la SENELEC avait permis d’apaiser temporairement les tensions autour de la Prime sur le résultat annuel bénéficiaire.

Mais derrière l’apaisement social, la question de fond demeure : comment garantir la stabilité financière de la SENELEC et la continuité du service public de l’électricité alors que les créances et les coûts de production continuent de peser sur l’entreprise ?

Pape Kadialy BADJI

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