Inondations au Sénégal : Bassirou Kébé interpelle sur les 767 milliards du PDLI.
Malgré les milliards annoncés depuis 2012, les inondations continuent de toucher plusieurs localités du pays. Le responsable de Pastef Bassirou Kébé réclame davantage de transparence sur l’utilisation des fonds consacrés à la lutte contre ce phénomène.
Le débat sur l’efficacité des politiques publiques de lutte contre les inondations refait surface. Bassirou Kébé, responsable de Pastef, s’interroge sur les résultats du Programme décennal de lutte contre les inondations (PDLI) lancé en 2012 et évalué à environ 767 milliards de francs CFA.
Selon les données communiquées par les autorités en 2020, le programme avait alors enregistré 506,7 milliards de francs CFA d’exécution, soit environ 66,7 % de l’enveloppe initiale. Le gouvernement indiquait notamment la réalisation de réseaux de drainage, de stations de pompage et de bassins de rétention.
« Quels ouvrages ? Dans quels quartiers ? »
Face à la persistance des inondations, Bassirou Kébé pose une série de questions sur la destination et l’impact réel de ces investissements.
« Où sont passés ces milliards ? Quels ouvrages ? Dans quels quartiers ? Pour quel résultat ? »
L’interpellation intervient alors que la Mission d’information parlementaire consacrée au PDLI avait relevé plusieurs difficultés dans la mise en œuvre du programme. Son rapport faisait notamment état d’un déséquilibre territorial, avec près de 70 % des réalisations concentrées à Dakar et dans sa banlieue.
77,45 milliards mobilisés par l’ONAS
Le chiffre des 77,45 milliards de francs CFA concernant l’Office national de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) mérite toutefois d’être précisé : il ne correspond pas à l’ensemble des dépenses du PDLI, mais aux montants mobilisés au profit de l’ONAS pour la gestion des eaux pluviales.
Un rapport du Conseil économique, social et environnemental cite notamment 17 stations de pompage réalisées, 46 stations réhabilitées ou renforcées et 37 kilomètres de canaux de drainage exécutés.
La reddition des comptes au cœur du débat
Pour Bassirou Kébé, la persistance des inondations pose donc la question de l’évaluation des politiques publiques et de la reddition des comptes.
Il estime que la transparence, le contrôle et le suivi de l’exécution des programmes publics doivent permettre de mesurer précisément les résultats obtenus et d’identifier les insuffisances.
Le débat reste d’autant plus sensible que les documents officiels reconnaissent eux-mêmes la persistance de difficultés liées à l’urbanisation, à l’occupation des zones d’écoulement des eaux et à l’insuffisance de certains réseaux d’évacuation.
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