Kolda : les religieux mancagnes revisitent les fondements du mariage traditionnel.
KOLDA — Réunis en forum ce mardi à Kolda, des prêtres et religieuses mancagnes du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau ont réfléchi aux liens entre foi chrétienne et traditions culturelles. Les échanges ont notamment porté sur le mariage traditionnel mancagne et les perceptions liées à son coût.
Quatre étapes pour sceller l’union
Prenant la parole au nom de l’Association des religieux et religieuses de la communauté mancagne des trois pays, l’abbé Samson Delaka Kantoussan, prêtre au diocèse de Ziguinchor, a tenu à déconstruire certaines idées reçues sur le mariage mancagne.

Selon lui, contrairement à l’image d’une union particulièrement coûteuse, le mariage traditionnel mancagne figure parmi les pratiques « les plus belles et les plus faciles à vivre dans la société ».
Revenant sur les enseignements des spécialistes de la culture mancagne, l’abbé Kantoussan a présenté les quatre principales étapes du processus matrimonial :
- Pëpëtbënëm, qui correspond à la déclaration officielle de l’amour et des fiançailles par l’intermédiaire des familles ;
- Pëtambënëm, consacrée aux festivités et aux réjouissances communautaires ;
- Pëdobënëm, marquée par les rituels sacrés consacrant l’alliance des époux ;
- Pëdös, qui constitue le rituel ultime scellant définitivement l’union.
Une alliance entre deux familles
L’abbé Samson Delaka Kantoussan a également insisté sur la dimension familiale du mariage mancagne. Selon cette conception, l’union ne concerne pas uniquement les deux époux, mais engage également leurs familles.

Il a notamment évoqué le Pëpihj, une pratique traditionnelle permettant, après le décès du mari, à la veuve de rester au sein de sa belle-famille afin de poursuivre l’éducation des enfants avec un membre de la lignée.
Revenir à l’essentiel
S’appuyant sur l’histoire du Catilona, roi mancagne établi à Bula, le religieux a rappelé que la tradition prévoyait déjà des mécanismes de modération des coûts du mariage.
Il a ainsi appelé la communauté à revenir à l’esprit originel des pratiques matrimoniales et à éviter les exigences financières considérées comme superflues.
Foi et culture au cœur du forum
Organisé de manière rotative entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau, ce forum annuel vise à promouvoir l’inculturation, en s’appuyant sur les valeurs culturelles pour mieux accompagner l’éducation et l’évangélisation des communautés.
À travers cette rencontre, les religieux mancagnes entendent ainsi contribuer à une meilleure compréhension des traditions et à leur adaptation aux réalités contemporaines, sans perdre leur essence culturelle.
Mamadou GANO — KOLDAWEB
