Goudomp : la filière mangue et fruits locaux face aux défis du transport et de la conservation.
GOUDOMP — Les acteurs de la filière mangue et fruits locaux de Goudomp ont dressé le bilan d’une campagne marquée par d’importantes contraintes logistiques, mais aussi par de réelles perspectives de développement grâce à la transformation locale.
Réunis au sein de l’Association des commerçants et banabanas du département, les professionnels ont notamment évoqué la hausse du coût des emballages, les difficultés d’acheminement des produits vers Dakar et les pertes importantes enregistrées faute d’infrastructures adaptées de conservation.
Des coûts qui fragilisent les commerçants
Parmi les principales difficultés soulevées figure la hausse du prix des cartons d’emballage. Selon les acteurs, certains lots de cartons peuvent désormais coûter entre 40 000 et 45 000 francs CFA, augmentant considérablement les charges des commerçants.
Les collectrices de fruits sauvages, notamment de madd, déplorent également l’augmentation de certaines taxes forestières, qui alourdit davantage les coûts de collecte.
À cela s’ajoute le transport vers Dakar. Les professionnels indiquent que l’acheminement d’un camion de marchandises peut coûter entre 800 000 et 1,2 million de francs CFA, selon la période et l’état des axes routiers.
Des pertes post-récolte préoccupantes
L’absence de chambres froides et de plateformes modernes de stockage constitue une autre faiblesse majeure de la filière.
Une partie des mangues et autres fruits locaux se détériore ainsi avant d’atteindre les marchés. Ces pertes affectent particulièrement les petits producteurs et les femmes banabanas, dont les revenus dépendent largement de ces campagnes saisonnières.
La transformation locale comme solution
Face à ces difficultés, les acteurs misent sur le développement de la transformation locale.
La création d’unités de séchage de mangues, de production de jus, de confitures et de nectars à base de madd ou de bouye permettrait de valoriser les excédents et de réduire les pertes.
Cette industrialisation à petite et moyenne échelle pourrait également favoriser la création d’emplois pour les jeunes, renforcer l’autonomisation économique des femmes et donner davantage de valeur ajoutée aux productions locales.
Un plaidoyer pour accompagner la filière
Les commerçants et banabanas appellent ainsi l’État et les partenaires au développement à renforcer leur accompagnement.
Ils souhaitent notamment la mise en place de mécanismes facilitant l’accès aux emballages à des prix abordables, la construction d’infrastructures de stockage et de conservation frigorifique, ainsi que l’accès à des financements adaptés pour développer les activités de transformation.
Pour les acteurs de Goudomp, l’enjeu est désormais de transformer les contraintes de la filière en opportunités économiques, en privilégiant la valorisation des fruits directement dans la région.
KOLDAWEB — Pape Kadialy BADJI
