12 septembre 2026

Polémique au sommet : le capitaine Seydina Oumar Touré critique la gestion de Sonko.

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DAKAR — Le capitaine Seydina Oumar Touré s’en prend ouvertement à la gestion du pouvoir par Ousmane Sonko et à ceux qui, selon lui, critiquent aujourd’hui la solution trouvée avec le Fonds monétaire international (FMI).

Dans une prise de position au ton particulièrement critique, l’ancien officier estime que le Sénégal aurait été « bloqué » durant les deux dernières années par l’orgueil de certains responsables qui auraient confondu, selon ses termes, l’exercice du pouvoir avec la glorification personnelle.

« Un révolutionnaire se sacrifie pour le peuple »

Pour Seydina Oumar Touré, les difficultés actuelles doivent être analysées à l’aune des engagements politiques pris au nom de la rupture.

Il oppose notamment le discours révolutionnaire aux conditions de vie et aux choix matériels des dirigeants. Pour illustrer son propos, il cite Thomas Sankara, présenté comme un modèle de sobriété dans l’exercice du pouvoir.

« Un vrai révolutionnaire se sacrifie pour le peuple. Il ne sacrifie pas le peuple pour lui-même. »

Une formule qui résume, selon lui, son reproche principal à l’égard de certains responsables politiques.

Les 4×4 et les « Raptors » au cœur de la polémique

Le capitaine Touré s’attaque également au train de vie qu’il associe à certains dirigeants se réclamant de la révolution.

Il établit ainsi un contraste entre l’image de Sankara, qui avait notamment fait de la sobriété un marqueur de sa gouvernance, et l’utilisation de véhicules haut de gamme par certains responsables sénégalais.

Il dénonce également une situation dans laquelle les populations seraient appelées à consentir des sacrifices alors que les dirigeants conserveraient, selon lui, un train de vie incompatible avec le discours de rupture.

Le FMI au centre des critiques

Cette sortie intervient alors que le débat fait rage autour de la nouvelle trajectoire économique du Sénégal et de l’accord conclu au niveau des services du FMI.

Seydina Oumar Touré reproche à ceux qu’il critique de remettre en cause la solution négociée avec le FMI alors que celle-ci doit permettre au pays de sortir de ses difficultés financières.

Une position qui alimente davantage le débat sur les choix économiques du gouvernement, entre souveraineté, contraintes budgétaires et impératifs sociaux.

Cette déclaration risque ainsi de relancer les tensions au sein du camp politique issu de la rupture de 2024, alors que le gouvernement fait face à de fortes attentes économiques et sociales.

Pape Kadialy BADJI KOLDAWEB — Politique

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