LONASE : Toussaint Manga répond à Abdourahmane Baldé et conteste les accusations sur le Centre médical.
L’ancien responsable de la LONASE monte au créneau après la note d’information du Directeur général, Abdourahmane « Doura » Baldé. Toussaint Manga rejette les accusations relatives aux qualifications de certains agents du Centre médical et apporte sa propre version sur les recrutements et la gestion de la structure.
Dakar — La polémique enfle à la Loterie nationale sénégalaise (LONASE). Après la note d’information publiée le 3 septembre par la Direction générale, faisant état de vérifications ayant mis en cause les qualifications professionnelles du directeur du Centre médical du travail et d’un agent présenté comme infirmier d’État, Toussaint Manga a réagi avec virulence.
Dans une déclaration consacrée à ce qu’il présente comme des « clarifications », l’ancien responsable de la LONASE conteste plusieurs éléments avancés par l’actuel Directeur général, Abdourahmane Baldé. Il accuse ce dernier de « mensonge » et de « manipulation », tout en livrant sa version des faits concernant les personnes visées.
Le cas de M. A. Diop : un cadre administratif, pas un médecin praticien
Sur le statut de M. A. Diop, Toussaint Manga affirme que celui-ci aurait été recruté comme cadre administratif et non comme médecin praticien.
Selon sa version, l’intéressé serait titulaire d’un Master en management des programmes et des services de santé obtenu à l’Université de Bambey. Toussaint Manga estime ainsi que la non-soutenance éventuelle d’un doctorat en médecine ne constituerait pas, à elle seule, un obstacle à la direction administrative d’un centre médical.
Pour étayer son argument, il rappelle que le Centre médical de la LONASE aurait auparavant été dirigé par une juriste, avant qu’Abdourahmane Baldé ne la remplace par le Dr Dia, présenté comme un pharmacien.
Le dossier du Dr Dia au cœur des critiques
Toussaint Manga revient également sur le dossier du Dr Dia, dont le recrutement et les conditions d’exercice seraient, selon lui, à l’origine de désaccords avec l’actuelle direction.
Il affirme avoir reproché à Abdourahmane Baldé d’avoir accordé un CDI au pharmacien alors que celui-ci disposait déjà d’une officine privée à Louga, sans, selon lui, respecter les modalités de remplacement prévues par les règles professionnelles.
Plus grave, Toussaint Manga évoque un possible conflit d’intérêts, affirmant que le pharmacien aurait fait agréer sa propre officine comme fournisseur de la LONASE et aurait ensuite certifié des factures émises par cette pharmacie alors qu’il dirigeait le Centre médical.
L’ancien responsable affirme que le contrat du concerné aurait finalement été résilié et que l’Ordre des pharmaciens ainsi que la justice auraient été saisis.
Ces éléments constituent toutefois la version de Toussaint Manga et nécessitent, le cas échéant, d’être confrontés aux documents administratifs et aux éventuelles procédures engagées.
Le recrutement de l’infirmier également contesté
Concernant l’agent présenté dans la note de la LONASE comme intervenant en qualité d’infirmier d’État, Toussaint Manga conteste l’idée selon laquelle son recrutement aurait été irrégulier du seul fait de l’absence d’un diplôme d’État correspondant.
Il soutient qu’aucun texte n’interdirait à la LONASE de recruter des agents de santé ne disposant pas exclusivement d’un diplôme d’État, remettant ainsi en question l’interprétation faite par l’actuelle Direction générale.
Le recrutement d’un chauffeur à Kolda évoqué
Dans sa réponse, Toussaint Manga élargit également la controverse à d’autres recrutements effectués au sein de la LONASE.
Il cite notamment le cas d’un agent présenté comme un proche de l’actuel Directeur général et recruté comme chauffeur à l’agence de Kolda. Selon lui, cet agent n’aurait pas été en mesure d’assurer correctement les missions de conduite, ce qui aurait conduit la structure à solliciter le chauffeur de Ziguinchor pour certaines opérations de transmission mensuelle.
Il affirme également que le chef d’agence de Kolda aurait dû assurer lui-même certaines missions nécessitant un déplacement.
Médecins spécialistes : Toussaint Manga livre sa version
Autre point abordé : la composition de l’équipe médicale de la LONASE.
Toussaint Manga affirme que l’institution employait déjà plusieurs médecins spécialistes sous contrat à durée déterminée, notamment dans les domaines de la pédiatrie, de la gynécologie et de la dentisterie.
Il soutient également qu’un recrutement était en cours pour trouver un médecin permanent appelé à seconder le Dr Sylla.
Une version qui vient directement contredire toute présentation laissant entendre, selon lui, que la situation du Centre médical serait exclusivement liée aux recrutements récemment opérés.
Une polémique désormais politique
Au-delà des questions administratives et professionnelles, la réponse de Toussaint Manga prend une dimension ouvertement politique.
L’ancien responsable accuse en effet l’actuelle direction de s’en prendre à des militants et sympathisants de la mouvance patriotique, évoquant des licenciements et affectations qu’il considère comme des mesures visant des « Patriotes ».
Il reproche notamment à Abdourahmane Baldé de s’être opposé à ceux qui, selon lui, auraient œuvré pour le changement politique au Sénégal, tout en lui imputant un soutien passé à Amadou Ba.
La déclaration se termine sur un ton particulièrement offensif, Toussaint Manga lançant à l’actuel Directeur général : « Khamal nak lougnou la wakhoul », avant de l’appeler à prendre conscience de la situation.
Une affaire qui appelle désormais des clarifications documentées
Cette passe d’armes intervient au lendemain de la note officielle de la Direction générale de la LONASE, qui affirme que les audits en cours ont fait apparaître des problèmes concernant les qualifications revendiquées par deux agents et annonce des mesures conservatoires, tout en se réservant la possibilité de saisir les autorités judiciaires.
D’un côté, la Direction générale avance des constatations issues d’un audit et annonce des suites éventuelles. De l’autre, Toussaint Manga conteste l’interprétation de ces faits et fournit une lecture différente des recrutements et du fonctionnement du Centre médical.
La suite de cette affaire devrait donc dépendre des pièces administratives, des qualifications réellement détenues par les agents concernés et, le cas échéant, des conclusions des autorités compétentes. Pour l’heure, les accusations et contre-accusations restent à distinguer des faits définitivement établis.
