12 septembre 2026

Sénégal : la CDS hausse le ton sur les élections territoriales, l’accord avec le FMI et la crise sociale.

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DAKAR — La Confédération pour la démocratie et le socialisme (CDS) durcit le ton. Réunie en conférence des leaders, la coalition de partis de gauche dénonce la situation politique et sociale du pays, exige le respect du calendrier légal des élections territoriales et réclame la publication intégrale de l’accord conclu entre le Sénégal et les services du Fonds monétaire international (FMI).

Dans une déclaration publiée le 6 septembre 2026, la CDS estime que le processus électoral se trouve, depuis février dernier, dans une situation qu’elle qualifie d’« illégalité ». Elle demande aux autorités de respecter les dispositions de la loi électorale et d’organiser, dans les délais prévus, les élections départementales et municipales.

La CDS exige la publication intégrale de l’accord avec le FMI

Sur le dossier économique, la coalition de partis de gauche réclame la transparence sur l’accord conclu entre l’État du Sénégal et les services du FMI.

La CDS souhaite que l’intégralité du contenu de cet accord soit rendue publique afin que les citoyens et les organisations représentatives puissent en mesurer les engagements, la portée et les conséquences éventuelles sur les conditions de vie des populations.

La coalition prévient surtout qu’elle n’acceptera pas que les éventuelles mesures d’ajustement soient supportées par les catégories populaires.

Elle dénonce, dans le même temps, ce qu’elle considère comme un décalage entre les promesses faites lors de l’arrivée au pouvoir du duo Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko et les réalités économiques et sociales auxquelles les populations sont confrontées.

Hausse des prix et multiplication des fronts sociaux

Pour la CDS, la situation sociale devient de plus en plus préoccupante. La coalition évoque notamment la hausse des prix des produits de consommation courante, la dégradation du pouvoir d’achat et les incertitudes pesant sur les ménages.

Elle cite plusieurs conflits sociaux en cours ou annoncés.

La CDS évoque notamment les revendications du FSDT, qui prépare, selon elle, un nouveau plan d’action pouvant déboucher sur une grève générale de 72 heures. Elle s’inquiète également de la grève de la faim observée depuis plusieurs jours par d’anciens travailleurs de la Sotrac, de la Sias et d’Ama Sénégal.

Dans le secteur de la santé, la coalition rappelle l’annonce d’une grève des médecins, pharmaciens et odontologistes regroupés au sein du SAMES les 8 et 9 septembre.

La CDS cite enfin le préavis de grève déposé par des agents de la RTS, qui contestent notamment ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de leurs droits sociaux et de leur accord d’établissement.

« Les querelles au sommet » dénoncées

Face à cette accumulation de tensions, la Confédération estime que les pouvoirs publics ne peuvent continuer à privilégier les affrontements politiques et les luttes de positionnement au sommet de l’État au détriment des préoccupations sociales.

La CDS affirme sa « solidarité pleine et entière » avec les populations touchées par les difficultés économiques et sociales et apporte son soutien aux travailleurs engagés dans des mouvements revendicatifs.

Elle appelle les forces démocratiques, les organisations syndicales, les mouvements sociaux et citoyens ainsi que l’ensemble des acteurs attachés à la démocratie et à la justice sociale à se mobiliser.

La gauche appelée à construire une alternative

La coalition lance également un appel particulier aux forces de gauche. Pour la CDS, celles-ci doivent prendre leurs responsabilités et travailler à la construction d’une alternative politique démocratique et sociale, capable de répondre aux aspirations des populations.

La Confédération affirme, pour sa part, vouloir contribuer à la défense de la République, de la démocratie, de la justice sociale et des intérêts des travailleurs.

À travers cette déclaration, la CDS entend ainsi se positionner sur les deux fronts qu’elle juge prioritaires : la défense des règles démocratiques et la protection des acquis sociaux, dans un contexte national marqué par de fortes tensions politiques et économiques.

Pape Kadialy BADJI

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