12 septembre 2026

Déclaration de Politique Générale : Les réactions contrastées de la classe politique à Kolda.

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Au lendemain de la Déclaration de Politique Générale (DPG) prononcée devant l’Assemblée nationale par le Premier ministre Ousmane Sonko, les réactions s’enchaînent à travers le pays. À Kolda, entre le soutien réaffirmé des alliés de l’exécutif, les critiques cinglantes de l’opposition et les attentes de la majorité parlementaire portée par PASTEF, le débat fait rage.

Daouda Sidibé (La Nouvelle Responsabilité) : « Une déclaration de pessimisme généralisé »

Du côté de l’opposition, le jugement est sans concession. Interrogé au micro de notre correspondant local Pape, Daouda Sidibé, coordonnateur régional à Kolda du parti La Nouvelle Responsabilité (formation dirigée par l’ancien Premier ministre Amadou Ba), estime que l’exercice n’a apporté aucune réponse aux urgences des citoyens :

« Ce qu’il faut retenir, c’est que nous avons eu une DPG qui signifie plutôt une Déclaration de Pessimisme Généralisé. La seule chose qu’elle nous a appris — et que nous savions déjà —, c’est que les Sénégalais sont fatigués. Et malheureusement, rien n’a été proposé pour abréger cette souffrance. C’est un simple chapelet d’intentions qui vient rappeler l’incompétence du gouvernement. »

Établissant une analogie historique, le responsable politique à Kolda dresse un parallèle sévère : « Cela me rappelle l’expression du feu Kéba Mbaye en 1981 disant au président Abdou Diouf que les Sénégalais étaient fatigués. De 1981 à aujourd’hui, on ne peut pas toujours être là sans trouver de solutions. Au lieu de porter un espoir, ce régime nous enfonce davantage. »

Déplorant également le climat de tension entre l’exécutif et le législatif, M. Sidibé regrette ces « querelles stériles » à l’Assemblée nationale qui éloignent les décideurs des véritables préoccupations quotidiennes des populations, notamment la cherté de la vie.

Soutien de l’exécutif et rôle de la majorité parlementaire

À l’inverse de ce constat critique, les partisans du pouvoir en place saluent la démarche de transparence adoptée par le gouvernement. Pour Younoussa Mballo, ingénieur agronome et cadre du parti Kiiraay (formation du président Bassirou Diomaye Faye), la DPG a été marquée par la sérénité et le réalisme. Selon lui, dresser un état des lieux sans complaisance des finances publiques constitue le préalable indispensable pour bâtir des réformes structurelles durables.

De son côté, la majorité parlementaire portée par les responsables de PASTEF, représentée localement par Sassoum Lèye Kouyaté, appelle à la responsabilité et à la sérénité. Pour ces derniers, l’Assemblée nationale doit demeurer le lieu d’un débat constructif au service des intérêts du peuple sénégalais, permettant d’accompagner sereinement le programme de refondation et de souveraineté porté par les autorités actuelles.

Alors que le débat post-DPG se poursuit sur le terrain politique, ces prises de position illustrent les deux visions qui s’affrontent : celle d’une opposition exigeant des réponses immédiates face à la conjoncture, et celle d’une majorité réaffirmant la nécessité d’un diagnostic clair pour mener à bien ses réformes.

Pape Kadialy BADJI

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