6 octobre 2026

Médina Yoro Foulah : des consultations gratuites à Fafacourou mettent à nu le déficit d’infrastructures sanitaires.

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FAFACOUROU — Une journée de consultations médicales gratuites organisée à Fafacourou, dans le département de Médina Yoro Foulah, a permis de soulager de nombreux patients, mais aussi de mettre en lumière la fragilité du système sanitaire local. À l’initiative du lieutenant des douanes à la retraite et responsable politique Bassirou Ndiaye, l’opération a mobilisé 32 professionnels de santé venus de plusieurs régions du Sénégal.

Venues des 11 communes du département, de nombreuses populations ont convergé vers Fafacourou pour bénéficier de consultations, de médicaments et de conseils médicaux gratuits.

Derrière cette forte mobilisation se dessine cependant une réalité préoccupante : dans plusieurs zones du département, l’accès aux soins spécialisés reste particulièrement difficile, en raison du déficit d’infrastructures, du manque de spécialistes et de l’enclavement de certaines localités.

Un déficit de spécialistes qui accentue la vulnérabilité sanitaire

Pour l’initiateur de la journée, cette initiative répond avant tout à un besoin de proximité.

« Le plateau médical était un peu faible, il y avait une urgence. Il fallait amener des médecins pour la proximité et rendre service à la population sur le plan médical », a expliqué Bassirou Ndiaye.

La mobilisation médicale a permis de réaliser plus de 225 consultations en quelques heures, avec un objectif de plus de 500 patients sur l’ensemble du week-end. Une vingtaine de situations nécessitant une attention particulière ont également été identifiées et orientées ou prises en charge en urgence.

Parmi les praticiens mobilisés figurait notamment le Dr Ibrahima Khalil Ba, médecin interniste et diabétologue à l’hôpital régional de Thiès.

Hypertension et diabète : des pathologies parfois découvertes tardivement

Les consultations ont également permis de dresser un aperçu des principales pathologies rencontrées sur le terrain.

Chez les enfants, les médecins ont principalement relevé des infections respiratoires, des affections ORL et des parasitoses.

Chez les adultes, les cas d’hypertension artérielle et de diabète ont particulièrement retenu l’attention des praticiens. Certaines personnes ignoraient même leur état de santé ou ne bénéficiaient pas d’un suivi médical régulier.

Des cas d’hypertension sévère et de décompensation ont également été constatés, nécessitant une prise en charge urgente en collaboration avec l’infirmier-chef de poste local.

Cette situation souligne les difficultés auxquelles sont confrontées les populations lorsqu’un diagnostic ou un suivi spécialisé devient nécessaire.

Fafacourou-Kolda : 45 kilomètres qui peuvent devenir plus de 100

À la question sanitaire s’ajoute celle, tout aussi préoccupante, de l’accessibilité.

Fafacourou se trouve à environ 45 kilomètres de Kolda par l’axe direct. Mais l’état de cette liaison complique fortement les déplacements. Pour rejoindre l’hôpital régional de Kolda, les patients et les ambulances peuvent être contraints d’emprunter un itinéraire de contournement passant notamment par Dabo, portant le trajet à plus de 100 kilomètres.

Pour les personnes nécessitant une évacuation urgente, ces difficultés de transport peuvent considérablement retarder l’accès aux soins spécialisés.

Le plaidoyer pour le désenclavement

Face à ces contraintes, les acteurs locaux appellent à un renforcement durable de l’offre sanitaire, mais aussi à l’amélioration des infrastructures routières.

Ils plaident notamment pour l’aménagement et le bitumage des axes stratégiques reliant Kolda, Saré Yoba, Fafacourou, Badion et Vélingara, ainsi que pour la mise à niveau des structures sanitaires du département.

Au-delà du caractère ponctuel de la campagne médicale, la journée de Fafacourou aura donc servi de révélateur. Elle montre que, dans le département de Médina Yoro Foulah, l’accès aux soins reste intimement lié à deux défis majeurs : disposer d’infrastructures sanitaires adaptées et pouvoir les rejoindre rapidement.

Pour les populations, l’enjeu dépasse désormais les consultations ponctuelles : il s’agit de garantir un accès permanent, équitable et de proximité à des soins de qualité.

Pape Kadialy BADJI — KOLDAWEB

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