Éducation : les animateurs polyvalents de Kolda menacent de boycotter la rentrée.
À l’approche de la rentrée scolaire 2026, la tension monte dans le secteur de la petite enfance à Kolda. Les animateurs polyvalents bénévoles dénoncent le blocage de leur dossier de régularisation, de recrutement et de formation. Après plusieurs années de démarches, ils annoncent un possible boycott de la rentrée si leurs revendications ne trouvent pas de réponse.
Un dossier qui traîne depuis plusieurs années
Le dossier des animateurs polyvalents bénévoles ne date pas de cette rentrée. Selon les responsables du collectif, les premières démarches pour leur régularisation et leur formation remontent à trois à cinq ans.
Durant cette période, plusieurs contacts et échanges auraient été engagés avec les autorités et leurs services techniques afin d’obtenir une reconnaissance officielle de leur statut et la mise en place d’un dispositif de formation.
Une nouvelle étape a ensuite été franchie avec le recensement officiel des animateurs bénévoles par l’Agence nationale compétente. Cette opération devait notamment permettre d’identifier les agents concernés et d’établir les listes nécessaires à la poursuite du processus.
Des listes en attente au ministère
Après le recensement, les listes des animateurs ont été orientées vers le ministère de l’Éducation nationale pour la suite de la procédure.
Mais, selon le coordonnateur national du collectif, Tonto Diao, le dossier serait actuellement bloqué au niveau du cabinet du ministre, Moustapha Mamba Guirassy.
Le responsable affirme que les listes sont en attente depuis plus de trois semaines. Elles doivent, selon le collectif, être transmises à la Direction de l’Éducation et de la Formation communautaire (DEFC) avant le lancement effectif de la formation.
Pour les animateurs, cette attente prolonge une situation de précarité qu’ils dénoncent depuis plusieurs années.
La question du recrutement au cœur de la colère
Autre sujet de mécontentement : le recrutement récent de plus de 2 500 agents par l’État.
Les animateurs bénévoles s’interrogent sur leur situation, alors qu’ils déclarent exercer depuis plusieurs années dans les cases des tout-petits et les écoles maternelles, sans rémunération.
Tonto Diao réclame ainsi la concrétisation des engagements annoncés en faveur des bénévoles et l’aboutissement du processus de recrutement et de formation.
Le SUDES et le FRAPP apportent leur soutien
À Kolda, la mobilisation bénéficie du soutien de plusieurs acteurs.
Le secrétaire général régional du SUDES, El Hadji Malick Koïta, dénonce la situation vécue par ces animateurs et réclame leur régularisation. Pour lui, ces personnels jouent un rôle important dans le fonctionnement des structures de la petite enfance.
La société civile s’est également mobilisée. Aliou Gérard Koïta, chargé des revendications populaires du FRAPP à Kolda, a réaffirmé le soutien du mouvement au collectif et appelé les autorités à apporter une réponse au dossier.
Kolda, l’une des principales zones de mobilisation
Sur le plan régional, Opa Kandé, responsables du collectif à Kolda, mettent en avant l’importance des effectifs concernés.
Selon eux, la région compterait entre 400 et 500 animateurs bénévoles, sur près d’un millier recensés au niveau national.
Les responsables du collectif rappellent également que les démarches se sont poursuivies pendant plusieurs années, sans qu’une solution définitive ne soit trouvée.
« Pas d’OS, pas d’école »
À l’approche de la rentrée, le collectif décide donc de durcir le ton.
Son mot d’ordre est désormais : « Pas d’OS, pas d’école ». Les animateurs conditionnent ainsi leur reprise des activités à la délivrance des Ordres de Service (OS) et à la clarification de leur parcours de formation.
En réponse au slogan « Ubbi tey, jang tey », ils brandissent leur propre formule : « Ubbi tey, boycott tey ».
Ils menacent ainsi de ne pas reprendre le chemin des classes si aucune avancée concrète n’est enregistrée avant le démarrage de l’année scolaire.
Une lettre d’alerte adressée au Président de la République
Après les démarches entreprises auprès des services et responsables du secteur de l’éducation, le collectif a décidé de porter directement le dossier au sommet de l’État.
Une lettre d’alerte avec accusé de réception a ainsi été adressée au Président de la République afin de l’informer de la situation et de solliciter son intervention.
Les animateurs disent désormais attendre des actes concrets sur les différents volets de leur revendication : recrutement, régularisation et formation.
À quelques semaines de la rentrée scolaire, le dossier des animateurs polyvalents bénévoles s’impose donc comme un nouveau point de tension dans le secteur de l’éducation à Kolda.
Pape Kadialy BADJI.
