4 novembre 2026

COUD : l’Intersyndicale dénonce un budget insuffisant et brandit la menace d’une grève.

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KOLDAWEB – L’Intersyndicale du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) tire la sonnette d’alarme sur les difficultés financières de la structure. Face à la presse le vendredi 16 octobre 2026, les syndicalistes ont réclamé une hausse du budget, des investissements dans les infrastructures sociales universitaires et une meilleure prise en charge du personnel. Faute de réponses satisfaisantes, ils menacent de recourir à la grève.

Près de 92 000 étudiants pour un budget de 23 milliards FCFA

Selon l’Intersyndicale, le COUD prend en charge près de 92 000 étudiants avec une enveloppe budgétaire annuelle d’environ 23 milliards de FCFA. Les représentants des travailleurs affirment que la structure a perdu, depuis 2024, une dotation complémentaire de 10 milliards de FCFA qui accompagnait auparavant chaque rentrée universitaire.

Cette réduction des ressources, dénoncent-ils, fragilise le fonctionnement des services sociaux et limite la capacité de l’institution à répondre aux besoins croissants des étudiants.

Pour étayer leurs préoccupations, les syndicalistes indiquent qu’en 2025, le COUD a servi 14 319 815 repas, tandis que ses services médicaux ont accueilli en moyenne 7 302 patients par mois.

La restauration universitaire au cœur des inquiétudes

La sortie de l’Intersyndicale intervient alors que les repreneurs des restaurants universitaires menaceraient de suspendre la préparation des repas en raison d’arriérés de paiement.

Avec la réouverture des campus et le retour progressif des étudiants, une interruption de la restauration pourrait aggraver les tensions dans l’espace universitaire. « Sans repas, il n’y aura pas de paix sociale dans l’espace universitaire », avertissent les syndicalistes.

L’organisation rappelle également que les besoins concernent plusieurs services essentiels : restauration, hébergement, transport universitaire, soins de santé, entretien, sécurité, hygiène et fourniture d’eau et d’électricité.

Des infrastructures sous pression et des conditions de travail préoccupantes

L’Intersyndicale estime que les infrastructures du COUD n’ont pas suivi le rythme de progression des effectifs étudiants. Elle évoque notamment les longues files d’attente dans les restaurants, la promiscuité dans les résidences universitaires et la dégradation de certains équipements.

Les personnels administratifs, techniques et de service (PATS) seraient également confrontés à des conditions de travail difficiles. Selon les syndicalistes, l’insuffisance des moyens affecte leur motivation, leurs possibilités de formation et leur situation sociale.

Six revendications pour sortir de la crise

Pour remédier à cette situation, l’Intersyndicale formule six principales exigences :

  • La hausse du budget du COUD, en tenant compte de l’évolution des effectifs étudiants entre 2000 et 2026.
  • Une meilleure prise en charge des PATS, notamment en matière de recrutement, de formation, de motivation et de conditions de travail.
  • Un programme d’investissement pour construire, réhabiliter et équiper les infrastructures d’hébergement et de restauration.
  • L’ajustement automatique du budget à chaque rentrée universitaire, selon le nombre d’étudiants pris en charge.
  • L’instauration d’un dialogue social régulier, avec l’implication des syndicats dans l’élaboration et le suivi du budget.
  • Le paiement effectif de l’indemnité de logement réclamée par les travailleurs.

Les autorités interpellées, la grève en perspective

Se disant « à bout de patience », les représentants des travailleurs préviennent qu’une mobilisation pourrait entraîner la paralysie de plusieurs services. Une telle situation risquerait de perturber la gestion administrative, l’entretien des campus, la sécurité et l’accompagnement quotidien des étudiants.

L’Intersyndicale interpelle ainsi le président du Conseil d’administration du COUD, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, le Premier ministre et le président de la République. Elle leur demande de prendre des mesures concrètes pour renforcer les ressources de l’institution, notamment dans le cadre de la prochaine loi de finances.

Tout en affirmant rester ouverte au dialogue, elle prévient qu’elle ne se satisfera pas de simples promesses et se réserve le droit d’engager des actions si ses revendications restent sans réponse.

Pour les syndicalistes, l’enjeu dépasse les seules conditions de travail : il concerne également la continuité des services sociaux universitaires et la stabilité de l’espace universitaire sénégalais.

Pape Kadialy BADJI

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