6 octobre 2026

lutte contre les mutilations génitales féminines : Kolda et Sédhiou renforcent le suivi après les déclarations d’abandon.

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ChatGPT Image 21 sept. 2026, 17_17_57

KOLDA — Malgré les progrès enregistrés au Sénégal dans la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF), la pratique demeure fortement présente dans certaines régions, notamment au Sud-Est. À Kolda, la prévalence chez les femmes de 15 à 49 ans reste élevée, à 68,4 % selon l’EDS-Continue 2023. Face à cette situation, les acteurs institutionnels et communautaires réunis du 21 au 24 septembre 2026 à Kolda et Sédhiou travaillent à la mise en place d’un mécanisme de suivi post-déclaration.

Le Sénégal affiche une tendance à la baisse de la prévalence des mutilations génitales féminines, mais les disparités régionales restent importantes. Selon l’EDS-Continue 2023, 20,1 % des femmes âgées de 15 à 49 ans et 12,9 % des filles de moins de 15 ans ont subi une mutilation génitale féminine. À Kolda, le taux atteint 68,4 % chez les femmes de 15 à 49 ans, plaçant la région parmi les plus fortement touchées du pays.

Les données plus récentes de l’EDS-Continue 2023 montrent également qu’en matière d’excision chez les filles de 0 à 14 ans, Kolda affiche une prévalence de 39 %, contre 48 % à Sédhiou. Ces chiffres illustrent l’importance de maintenir les efforts de prévention et de protection dans les régions du Sud.

7 241 communautés engagées dans l’abandon

Depuis 1997, les initiatives communautaires ont permis à des milliers de communautés de prendre publiquement l’engagement d’abandonner les MGF. Selon les données communiquées dans le cadre de l’atelier, 7 241 communautés se sont engagées publiquement à renoncer à cette pratique jusqu’en septembre 2026.

Mais pour les acteurs de la lutte, la déclaration publique ne constitue pas l’aboutissement du processus. Elle doit désormais être accompagnée d’un dispositif permettant de vérifier, dans la durée, le respect des engagements pris et de renforcer la protection des filles et des femmes.

C’est tout l’enjeu des rencontres organisées à Kolda et Sédhiou par la Direction de la Famille, en partenariat avec le programme conjoint UNICEF-UNFPA et l’ONG Tostan.

de la déclaration à une veille permanente

L’objectif de ces ateliers est de co-construire un mécanisme opérationnel de suivi des communautés ayant déclaré leur abandon des MGF.

Pour Mamadou Ndoye, point focal MGF à la Direction de la Famille, les évaluations réalisées avec les partenaires ont mis en évidence la nécessité d’aller au-delà des cérémonies de déclaration.

« La déclaration n’est pas la fin du processus », explique-t-il, estimant que le suivi doit être assuré par les pouvoirs publics en collaboration avec les structures communautaires et les acteurs locaux.

Dans cette dynamique, les Comités Départementaux de Protection de l’Enfant (CDPE) sont appelés à jouer un rôle central. Ces cadres regroupent notamment les services de l’État, les structures de santé et de protection de l’enfance, ainsi que les organisations non gouvernementales et communautaires.

kolda et sédhiou, deux étapes d’un même dispositif

L’atelier organisé à Kolda les 21 et 22 septembre, avant celui de Sédhiou les 23 et 24 septembre, vise notamment à dresser un état des lieux des Comités de Veille et d’Alerte Communautaire.

Il s’agit également de doter les CDPE d’outils permettant de mieux suivre les engagements pris par les communautés et d’identifier rapidement les éventuelles situations à risque.

Dans la région de Kolda, la dimension transfrontalière constitue par ailleurs un enjeu particulier. Selon Mamadou Ndoye, la proximité avec les pays voisins nécessite une coordination renforcée entre les communautés et les acteurs intervenant de part et d’autre des frontières.

maintenir la dynamique sur le terrain

La stratégie nationale de lutte contre les MGF repose notamment sur le dialogue communautaire, l’implication des leaders religieux et traditionnels, la mobilisation des jeunes ainsi que la collaboration entre les secteurs de la santé, de l’éducation, de la justice et de la protection de l’enfance.

À Kolda et Sédhiou, l’enjeu est désormais de transformer les engagements publics en actions de suivi régulières et coordonnées.

Avec une prévalence encore élevée dans la région de Kolda, la lutte contre les MGF ne se limite donc plus à obtenir de nouvelles déclarations d’abandon. Elle s’inscrit désormais dans une logique de veille, d’évaluation et de protection durable, afin que les engagements pris par les communautés puissent produire des effets concrets sur le terrain.

Pape Kadialy BADJI

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