RDC : derrière la guerre, une économie autour des ressources minières.
Le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo ne se résumerait pas à un affrontement militaire entre le M23 et les forces congolaises. Selon l’analyse présentée par TV5MONDE et le rapport de la GI-TOC, plusieurs acteurs armés et sécuritaires participent à un écosystème économique alimenté par l’exploitation des ressources naturelles, la taxation et le contrôle des territoires.
Le rapport évoque notamment le M23, les Wazalendo, l’armée congolaise, l’armée ougandaise et des sociétés militaires privées. Le M23 aurait pris le contrôle de sites miniers stratégiques, notamment les mines de coltan de Rubaya, ainsi que de corridors de transport. Des administrations parallèles et des systèmes de taxation auraient également été mis en place dans les zones contrôlées par certains groupes.
Le cas Erik Prince
Le dossier revient également sur Erik Prince, ancien dirigeant de Blackwater. Selon TV5MONDE, il a signé en décembre 2024 un contrat de cinq ans, estimé à 200 millions de dollars, avec le ministère congolais des Finances. Ses sociétés doivent notamment contribuer à sécuriser des sites miniers, améliorer la collecte fiscale et lutter contre la contrebande de minerais.
Le rapport de la GI-TOC indique par ailleurs que des équipes liées à Prince ont été déployées en janvier 2026 aux côtés des forces spéciales congolaises lors des opérations visant à reprendre Uvira, avec notamment des capacités de surveillance par drones et un appui technique.
L’enjeu central
L’analyse de la GI-TOC est que l’externalisation de la sécurité peut elle-même contribuer à entretenir l’économie du conflit, lorsque des acteurs armés, des sociétés privées et des intérêts économiques se retrouvent impliqués dans le contrôle des territoires et des ressources. Le rapport associe cette dynamique à l’exploitation du coltan, de l’or, du bois et à la taxation des activités économiques.
Koldaweb.com la Rédaction
