Guinée-Bissau : la junte interdit le retour d’Umaro Sissoco Embaló.
KOLDAWEB — Par Pape Kadialy BADJI
Le retour d’Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau est désormais interdit par les autorités militaires de transition. Dans un communiqué publié à Bissau le 1er octobre 2026, le Haut Commandement Militaire pour le Rétablissement de la Sécurité Nationale et de l’Ordre Public affirme que les conditions de sécurité nécessaires ne sont pas réunies pour permettre le retour de l’ancien président.
La décision intervient quelques jours après l’annonce par Umaro Sissoco Embaló de son intention de regagner le pays le 4 octobre, après plusieurs mois d’exil. Il avait également annoncé son intention de participer à la prochaine élection présidentielle.
Le Haut Commandement invoque la sécurité nationale
Dans le communiqué n°07/ACM/2026, daté de Bissau du 1er octobre, l’autorité militaire explique avoir examiné la situation politique, sociale et sécuritaire du pays.
Selon le document, les conditions nécessaires à la sécurité du retour d’Umaro Sissoco Embaló ne sont « pour l’instant » pas réunies. Le Haut Commandement affirme que sa décision repose exclusivement sur des considérations liées à la sécurité nationale, à la préservation de l’ordre public et à la prévention de situations susceptibles de compromettre la stabilité et la tranquillité sociale.
Les rassemblements politiques toujours interdits
Le communiqué rappelle également que les mesures de sécurité instaurées dans le cadre de la transition politique restent en vigueur.
Les manifestations, concentrations et rassemblements à caractère politique demeurent ainsi interdits jusqu’à une nouvelle décision des autorités compétentes.
Le Haut Commandement prévient par ailleurs que tout acte de désobéissance ou de non-respect de ces dispositions relèvera de la responsabilité de leurs auteurs, avec d’éventuelles conséquences prévues par les textes en vigueur.
Embaló avait annoncé son retour pour le 4 octobre
Le 28 septembre, Umaro Sissoco Embaló avait annoncé son « retour volontaire » en Guinée-Bissau pour le dimanche 4 octobre. Il avait appelé ses partisans et la population à faire de cette arrivée un moment placé sous le signe de la paix, de la tolérance et du respect mutuel.
L’ancien chef de l’État avait également fait savoir qu’il comptait se présenter à la prochaine présidentielle, prévue le 6 décembre 2026 selon les informations actuellement disponibles.
Une nouvelle étape dans la crise politique bissau-guinéenne
Cette interdiction intervient dans un contexte de forte tension politique en Guinée-Bissau. Des mouvements de personnels et d’équipements militaires avaient notamment été observés autour du Palais de la République à Bissau le 29 septembre, provoquant des inquiétudes dans la capitale. Le ministère de l’Intérieur avait alors assuré qu’il s’agissait de mouvements ordinaires au sein des forces de sécurité.
Le retour annoncé d’Embaló intervient donc dans un environnement institutionnel marqué par la transition militaire et la préparation annoncée de nouvelles élections.
Le Haut Commandement appelle enfin la population, les partis, la société civile, les autorités religieuses et traditionnelles ainsi que la communauté internationale à faire preuve de responsabilité afin de préserver la paix, la stabilité et l’ordre public.
Pour Koldaweb, la formulation la plus rigoureuse est donc : « Le Haut Commandement militaire interdit le retour d’Umaro Sissoco Embaló pour des raisons de sécurité », plutôt que de présenter simplement la décision comme un « refus de la junte », qui est une formulation plus interprétative.
