4 novembre 2026

Bassin de l’Anambé / Inondations : 972 hectares de riz touchés ou menacés, la SODAGRI et la FEPROBA appellent l’État à l’aide.

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Inondations au bassin de l’Anambé

KOLDAWEB – Les fortes précipitations enregistrées dans le bassin de l’Anambé font peser une lourde menace sur la campagne rizicole en cours. Selon les données communiquées par la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI), 294 hectares de riz sont déjà inondés sur les 4 106 hectares aménagés pour la campagne, tandis que 677 hectares supplémentaires sont fortement menacés. Face à cette situation préoccupante, le directeur technique de la SODAGRI, Abdoulaye Daff, et le premier vice-président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (FEPROBA), Omar Baldé, appellent à une intervention urgente de l’État pour limiter les pertes et préserver la prochaine campagne agricole.

Des pluies abondantes mettent les périmètres à rude épreuve

Le secteur 4, l’un des plus anciens périmètres du bassin de l’Anambé, figure parmi les zones affectées par les fortes précipitations. Les relevés communiqués par la SODAGRI font état de cumuls compris entre 92 et 123 millimètres entre le 5 et le 9 octobre, tandis que les précipitations enregistrées en septembre auraient atteint entre 340 et 441 millimètres dans plusieurs zones, notamment à l’Anambé, au secteur G et à Kouthidi.

Ces pluies abondantes, combinées à la vétusté des infrastructures hydroagricoles, compliquent l’évacuation des eaux et favorisent l’inondation des parcelles. Au total, 951 hectares sont concernés : 274 hectares déjà submergés et 677 autres exposés à un risque élevé.

Pour mieux apprécier l’étendue des dégâts et identifier les mesures d’urgence, une délégation de la SODAGRI conduite par son directeur technique, Abdoulaye Daff, a effectué une tournée de terrain en collaboration avec la FEPROBA.

Des drains obstrués et des récoltes sous pression.

Sur le terrain, les difficultés d’évacuation des eaux constituent une préoccupation majeure. « Les drains sont remplis », explique Abdoulaye Daff, soulignant les limites des ouvrages de drainage face à l’importance des précipitations.

Le secteur 2 concentre, selon les données communiquées, 40,4 % des superficies exposées. Les parcelles déjà arrivées à maturité sont particulièrement vulnérables, alors que les producteurs doivent accélérer les récoltes pour sauver ce qui peut encore l’être.

L’urgence est d’autant plus grande que près de 2 500 hectares supplémentaires doivent arriver à maturité entre le 18 octobre et le 14 novembre. La SODAGRI préconise ainsi le renforcement du parc de moissonneuses-batteuses afin d’accélérer les opérations de récolte et de réduire les pertes.

Des producteurs menacés d’asphyxie financière

Au-delà des dégâts sur les cultures, les inondations font peser un risque économique important sur les exploitants. Plusieurs producteurs ont contracté des crédits bancaires pour financer leurs intrants et leurs activités agricoles. Des pertes importantes pourraient compromettre leur capacité à rembourser ces emprunts et à préparer la prochaine campagne.

La disponibilité des semences constitue également un enjeu majeur. Une baisse significative de la production rizicole pourrait entraîner un déficit de semences et fragiliser les capacités de production des agriculteurs lors de la prochaine saison.

Pour les responsables de la SODAGRI et de la FEPROBA, il devient donc urgent de mobiliser les moyens nécessaires pour protéger les récoltes encore récupérables et accompagner les exploitants affectés.

La réhabilitation du bassin, une urgence structurelle

Au-delà des mesures immédiates, les acteurs agricoles plaident pour une réhabilitation en profondeur des aménagements hydroagricoles du bassin de l’Anambé. Ils demandent notamment la remise à niveau des périmètres des secteurs 1, 2, 3, 4 et 5, avec des stations de pompage et des canaux de drainage modernes, capables d’assurer une meilleure évacuation des eaux pluviales.

Ils sollicitent également un accompagnement spécifique des producteurs sinistrés face à leurs engagements bancaires, ainsi qu’un renforcement durable des équipements de récolte.

Le bassin de l’Anambé joue un rôle important dans la production rizicole et semencière du sud du Sénégal. Une dégradation prolongée de ses performances pourrait affecter les revenus des producteurs, l’approvisionnement en semences et les efforts en faveur de la souveraineté alimentaire.

Face à l’urgence, la SODAGRI et la FEPROBA appellent ainsi les pouvoirs publics à conjuguer assistance immédiate, soutien aux producteurs et investissements structurels. L’objectif est double : limiter les pertes de la campagne en cours et sécuriser durablement la production rizicole dans le bassin de l’Anambé.

Pape Kadialy BADJI

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