LFR 2026 : deux anciens députés appellent à préserver les intérêts de la Nation.
Face au bras de fer entre l’Exécutif et la majorité parlementaire autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026, deux anciens députés, Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil, lancent un appel à la responsabilité. Dans une tribune intitulée « Ne pas faire payer à la Nation le prix d’une querelle », ils alertent sur les conséquences économiques et financières d’un blocage prolongé et plaident pour un compromis dans l’intérêt du Sénégal.
Le projet de loi de finances rectificative 2026 traverse une zone de turbulences à l’Assemblée nationale. Après un premier rejet en commission des Finances le 23 octobre, le texte a de nouveau été rejeté le 30 octobre, malgré son renvoi en commission à la demande du gouvernement pour favoriser le dialogue et rechercher un compromis. <Cite refs={[« turn471603search1″, »turn471603search2 »]}/>
Dans leur analyse, Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil estiment que cette confrontation dépasse les simples divergences budgétaires. Ils considèrent que les enjeux concernent directement la crédibilité financière du Sénégal, notamment dans le cadre des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).
Les deux anciens parlementaires rappellent qu’un accord au niveau des services a été conclu le 1er septembre 2026 avec le FMI pour un programme de financement d’environ 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. Cet accord reste toutefois soumis à l’approbation des instances dirigeantes de l’institution. <Cite refs={[« turn471603search0″, »turn471603search5 »]}/>
S’ils reconnaissent la légitimité de certaines exigences de la majorité parlementaire, notamment en matière de transparence sur la dette publique, de transmission des rapports d’audit et de contrôle de l’exécution budgétaire, les auteurs contestent la méthode du blocage. À leurs yeux, le contrôle parlementaire ne devrait pas compromettre les mécanismes de financement et les engagements économiques du pays.
La question des fonds politiques constitue également un point de désaccord. Les deux anciens députés estiment que ce débat mérite un cadre législatif approprié et ne devrait pas être lié à l’adoption du budget rectificatif.
Pour sortir de l’impasse, Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil proposent trois pistes : la transmission des documents réclamés par les députés, la dissociation du vote de la LFR des autres différends politiques et la recherche d’ajustements budgétaires concertés pour préserver les investissements et les dépenses sociales prioritaires.
Dans leur conclusion, les deux anciens parlementaires interpellent aussi bien le gouvernement que la majorité parlementaire. Ils les invitent à privilégier l’intérêt national au détriment des rivalités politiques, estimant que les conséquences d’une crise budgétaire seraient d’abord supportées par les populations.
« Un député ne vote pas pour son parti ni contre un adversaire, mais pour le pays », rappellent-ils dans cette tribune, qui se termine par un appel à ne pas faire payer aux Sénégalais le prix d’une confrontation institutionnelle.
Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil, anciens députés.
pape Kadialy BADJI
