4 novembre 2026

PLFR 2026 : Pastef conditionne son soutien à cinq exigences adressées au gouvernement.

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Le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes refuse d’adopter le projet de loi de finances rectificative 2026 en l’état. Il réclame notamment la protection des investissements publics, des garanties sur le pouvoir d’achat et davantage de transparence sur la dette de l’État.

Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 suscite des réserves au sein même de la majorité parlementaire. À l’issue de deux journées de travaux en Commission des finances et du contrôle budgétaire, le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes a décidé de ne pas soutenir le texte dans sa forme actuelle.

Cette position ne constitue pas, selon les députés, une remise en cause de la nécessité d’ajuster le budget aux nouvelles contraintes économiques. Elle traduit plutôt des désaccords sur les arbitrages budgétaires, les mécanismes de financement retenus et les garanties apportées au Parlement pour assurer sa mission de contrôle.

Dans un communiqué, le groupe parlementaire pose cinq conditions à un éventuel accord avec le gouvernement, tout en se déclarant ouvert au dialogue avant l’examen du texte en séance plénière.

Les investissements publics et les priorités sociales en première ligne

La première exigence porte sur la préservation des investissements publics et des secteurs sociaux. PASTEF demande le réexamen des réductions budgétaires affectant notamment la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique, les infrastructures et l’industrie.

Les députés souhaitent que les efforts d’ajustement portent prioritairement sur les dépenses jugées non essentielles, afin de préserver les projets structurants et les engagements de l’Agenda national de transformation.

La deuxième condition concerne le pouvoir d’achat des ménages et le coût de l’énergie. Le groupe estime que toute réduction des subventions énergétiques devrait être accompagnée d’une baisse de la fiscalité sur les produits pétroliers et d’une diminution des coûts d’approvisionnement et de production de l’électricité.

L’objectif affiché est d’éviter que les mesures de redressement budgétaire se traduisent par une hausse des prix pour les ménages et les entreprises.

120 milliards FCFA du CERP : des explications réclamées

La troisième exigence concerne les 120 milliards de FCFA liés au Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP). Le groupe parlementaire réclame la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale, ainsi que des explications précises sur l’origine, l’affectation et l’imputation budgétaire de ces ressources.

Les députés souhaitent également connaître les conséquences des reports de crédits sur les projets d’investissement concernés.

La quatrième condition porte sur la réduction du train de vie de l’État et le contrôle des fonds spéciaux. PASTEF appelle à accélérer la rationalisation du secteur parapublic, notamment à travers la suppression annoncée de 19 entités et la réalisation d’économies budgétaires nettes d’au moins 55 milliards de FCFA sur trois ans.

Le groupe demande aussi une réduction des dépenses de fonctionnement non prioritaires et un renforcement de la traçabilité des fonds spéciaux, avec des mécanismes de contrôle adaptés à leur nature.

Dette publique : PASTEF exige davantage de transparence

La cinquième condition concerne la sincérité des prévisions budgétaires et la transparence sur la dette publique. Les parlementaires demandent des justifications sur les déficits projetés pour 2026 et 2027, en tenant compte des ajustements en cours, du changement de base des comptes nationaux et du niveau réel d’exécution des dépenses publiques.

Ils réclament également la communication des rapports d’audit de l’Inspection générale des finances (IGF) sur la dette non financière et du cabinet Forvis Mazars.

Le groupe souhaite enfin obtenir des précisions sur les engagements financiers de l’État et sur la trajectoire de soutenabilité de la dette.

Un dialogue possible avant le vote en plénière

Au-delà des divergences budgétaires, PASTEF insiste sur la nécessité de renforcer le contrôle parlementaire sur les décisions engageant durablement les finances publiques. Pour les députés, ces décisions doivent s’appuyer sur des informations complètes, transparentes et documentées.

Malgré son refus d’adopter le texte en l’état, le groupe se dit disponible pour poursuivre les discussions avec le gouvernement avant la séance plénière, prévue le mardi 27 octobre 2026, afin de rechercher un compromis.

Le débat autour du PLFR 2026 met ainsi en évidence un enjeu central : concilier le redressement des finances publiques avec la préservation du pouvoir d’achat, le maintien des investissements structurants et la transparence dans la gestion de la dette.

L’issue des discussions entre le gouvernement et sa majorité parlementaire sera déterminante pour la suite de l’examen de ce collectif budgétaire.

KOLDAWEB Pape Kadialy BADJI

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