Pollution à l’ozone : près de 40 % de la population mondiale exposée à des niveaux dangereux.
Par Pape Kadialy BADJI
Près de 40 % de la population mondiale a été exposée à des niveaux dangereux d’ozone au sol au cours des huit premiers mois de 2026. C’est le constat dressé par le Service de surveillance de l’atmosphère Copernicus (CAMS), dans une nouvelle analyse consacrée à la qualité de l’air à l’échelle mondiale.
Le poids des fortes chaleurs et des activités humaines
L’ozone troposphérique est un polluant secondaire. Il se forme lorsque certains polluants, notamment les oxydes d’azote et les composés organiques volatils, réagissent sous l’effet du rayonnement solaire et de températures élevées. Les épisodes de forte chaleur favorisent ainsi sa formation et son accumulation dans l’atmosphère.
Selon l’analyse de Copernicus, 34 % de la population mondiale a été exposée à des niveaux d’ozone qualifiés d’extrêmement élevés en 2026. Seulement 5 % de la population mondiale a bénéficié de niveaux considérés comme bons sur la période étudiée.
L’Asie particulièrement touchée
L’Asie apparaît comme la région la plus affectée. Copernicus estime que 60 % de sa population a été exposée à des niveaux extrêmement élevés d’ozone durant les huit premiers mois de l’année. L’Europe et l’Amérique du Nord figurent également parmi les régions fortement concernées.
Les concentrations élevées sont favorisées par les émissions liées notamment aux transports, à l’industrie, à l’urbanisation et aux incendies. La pollution peut également franchir les frontières, portée par les vents sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres.
Un enjeu pour la santé et les écosystèmes
L’ozone au niveau du sol constitue une menace pour la santé humaine, mais également pour les écosystèmes et les rendements agricoles. L’Organisation mondiale de la santé rappelle plus largement que la pollution atmosphérique est associée à de nombreuses maladies respiratoires et cardiovasculaires.
Cette nouvelle analyse de Copernicus met surtout en évidence le lien entre changement climatique, épisodes de chaleur extrême, incendies et dégradation de la qualité de l’air. Des phénomènes qui, selon les données disponibles, dépassent largement les frontières nationales.
