Burkina Faso : « Ce n’est pas en bâillonnant son propre peuple qu’on le libère »
Par Pape Kadialy BADJI
À l’occasion des quatre ans de l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré, le débat sur les libertés publiques et la place des médias au Burkina Faso revient au premier plan. Dans un entretien accordé à RFI, le journaliste burkinabè Inoussa Ouédraogo, ancien responsable de la Société des éditeurs de presse privée du Burkina Faso et aujourd’hui en exil, critique les restrictions qui, selon lui, affectent l’expression publique et la liberté de la presse.
Une critique des restrictions imposées aux voix dissidentes
Pour Inoussa Ouédraogo, la volonté affichée de libérer le pays de l’insécurité ne peut, selon son analyse, passer par la limitation de la parole publique. Il résume sa position par une formule devenue le titre de l’entretien : « Ce n’est pas en bâillonnant son propre peuple qu’on le libère. »
Le journaliste s’exprime depuis l’exil, après avoir occupé des responsabilités dans le secteur de la presse privée burkinabè. Son témoignage porte notamment sur l’évolution de l’espace civique depuis le coup d’État du 30 septembre 2022.
Quatre ans après l’arrivée d’Ibrahim Traoré
Le capitaine Ibrahim Traoré a pris le pouvoir en septembre 2022 dans un contexte marqué par l’insécurité et l’expansion des groupes jihadistes. Depuis, les autorités militaires ont placé la lutte contre ces groupes au centre de leur action et ont réorienté plusieurs choix diplomatiques et sécuritaires du pays.
Cette période est également marquée par des tensions avec plusieurs médias et organisations critiques du pouvoir. Le débat porte désormais sur l’équilibre entre les impératifs liés à la sécurité nationale et la préservation des libertés publiques.
Le débat sur la liberté de la presse
La question de l’espace accordé aux journalistes et aux voix critiques reste donc l’un des sujets sensibles du bilan de ces quatre années. L’entretien de RFI met en avant le point de vue d’un journaliste burkinabè en exil ; ses appréciations constituent son analyse de la situation et ne doivent pas être présentées comme un constat établi à elles seules.
Au Burkina Faso, ce débat intervient alors que le pays continue de faire face à une crise sécuritaire majeure, tandis que les autorités mettent en avant la reconquête territoriale et la mobilisation nationale comme priorités.
