Inondations et rentrée scolaire : la COSYDEP alerte sur les perturbations et appelle à des réponses structurelles.
DAKAR — KOLDAWEB. La rentrée scolaire 2026-2027 intervient dans un contexte marqué par la persistance des risques d’inondation dans plusieurs zones du Sénégal. Dans un rapport consacré à l’« éducation en situation d’urgence », la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) alerte sur les conséquences des inondations sur la continuité pédagogique et appelle à une meilleure anticipation des risques.
Selon le rapport, les inondations provoquent des perturbations significatives du fonctionnement des établissements scolaires. 88 % des situations étudiées font état d’un impact pouvant atteindre deux semaines, tandis que la réduction du quantum horaire concerne 58,7 % des cas. La détérioration du matériel pédagogique est relevée dans 44,6 % des situations et la suspension complète des cours dans 21,7 % des cas.
Des écoles exposées à plusieurs facteurs de vulnérabilité
La COSYDEP identifie plusieurs facteurs à l’origine ou à l’aggravation de cette vulnérabilité : niveau élevé de la nappe phréatique dans certaines zones, remblaiements anarchiques, dépôts d’ordures, obstruction des voies naturelles d’évacuation des eaux et insuffisance des systèmes d’assainissement.
Les établissements situés dans les zones littorales sont également exposés aux risques liés à la montée des eaux. Le rapport souligne par ailleurs que les initiatives de prévention et de gestion des crises restent souvent cloisonnées, ce qui pose la question de la coordination entre les différents acteurs.
Quatre catégories d’élèves particulièrement affectées
Les conséquences ne se limitent pas aux infrastructures scolaires. La COSYDEP distingue quatre catégories d’élèves victimes des inondations : ceux vivant dans des maisons inondées, ceux dont les écoles sont touchées, ceux confrontés à des difficultés de mobilité malgré l’absence d’impact direct sur leur domicile ou leur établissement, ainsi que ceux contraints de fréquenter des écoles occupées par des sinistrés.
Ces situations peuvent entraîner retards, absences, abandons scolaires, transferts d’élèves vers d’autres établissements et perte ou détérioration du matériel didactique. Elles posent également, selon le rapport, un dilemme entre la préservation du droit à l’éducation et la protection de la vie et de la santé des élèves.
Un phénomène récurrent
Le document rappelle l’ampleur historique du phénomène. En 2008, les inondations avaient affecté plus de 250 000 familles, avec 88 écoles et 12 centres de santé inondés. En 2009, plus de 250 écoles avaient été inondées ou occupées, avec des dommages estimés à 2,423 milliards de FCFA pour le secteur de l’éducation.
La COSYDEP préconise des mesures structurelles
Face à cette récurrence, l’organisation recommande notamment une planification rigoureuse et budgétisée de la relocalisation des établissements les plus exposés, l’entretien régulier des canalisations, la surélévation de certaines infrastructures et l’utilisation de matériaux adaptés aux zones humides.
Elle préconise également des plans de contingence intégrant des systèmes d’alerte précoce, la formation des équipes pédagogiques et des communautés à la gestion des risques, ainsi qu’un accompagnement renforcé des élèves vulnérables.
Sur le plan pédagogique, la COSYDEP propose notamment de sécuriser les données scolaires, de mettre en place un suivi médical dans les établissements affectés et d’envisager, selon les zones, des rentrées scolaires graduées et adaptées au niveau d’impact des inondations, plutôt qu’un calendrier uniforme.
Pour la COSYDEP, la préparation des établissements aux risques climatiques doit désormais être considérée comme une composante à part entière de la politique éducative et de la résilience du système scolaire sénégalais.
Pape Kadialy BADJI
