4 novembre 2026

Kolda – journée internationale de la fille : un plaidoyer renforcé contre le mariage d’enfants et pour la protection des droits des adolescentes.

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Journée internationale de la fille à Kolda

KOLDAWEB – La région de Kolda a accueilli la célébration officielle de la Journée internationale de la fille, placée sous le thème « Mettre fin au mariage des enfants et investir dans les droits des filles ». La rencontre a réuni les autorités administratives, les élus territoriaux, les partenaires techniques et financiers, les acteurs de la société civile ainsi que des représentantes de la jeunesse. Au cœur des échanges : la lutte contre les mariages d’enfants, les violences basées sur le genre et les obstacles à la scolarisation des adolescentes.

Kadidiatou Diallo porte la voix des jeunes filles

Moment central de la célébration, la lecture du mémorandum des jeunes filles a permis de mettre en lumière les difficultés auxquelles restent confrontées de nombreuses adolescentes dans la région. Porte-parole de ses pairs, Kadidiatou Diallo a notamment attiré l’attention sur la persistance des mutilations génitales féminines, des mariages d’enfants, des grossesses précoces et des violences basées sur le genre, autant de facteurs susceptibles de compromettre la santé, l’éducation et l’autonomie des filles.

« Malgré les initiatives engagées, plusieurs défis persistent dans notre région », a-t-elle déclaré, appelant à reconnaître les jeunes filles comme « des actrices à part entière du changement social », capables de contribuer à la protection de leurs droits et au développement de leurs communautés.

Au-delà du constat, la représentante des adolescentes a formulé plusieurs revendications. Elle a notamment plaidé pour un soutien accru aux clubs de jeunes filles, un meilleur accès aux services de prise en charge psychosociale et juridique, ainsi qu’une participation effective des adolescentes aux instances de décision qui concernent leur avenir.

Ce plaidoyer met en évidence un enjeu essentiel : associer davantage les filles à l’élaboration et à la mise en œuvre des réponses destinées à les protéger.

Le gouvernement réaffirme son engagement

Présente à Kolda au nom du gouvernement, la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Marie Angélique Mame Selbé Ngom, a insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation contre le mariage des enfants.

Selon la ministre, le choix de Kolda pour accueillir cette célébration traduit la volonté des pouvoirs publics de se rapprocher des réalités vécues par les populations. Elle a rappelé que le mariage d’enfants constitue une atteinte aux droits fondamentaux des filles et peut compromettre leur scolarité, réduire leurs perspectives d’avenir et entraver leur épanouissement.

« Une fille n’est pas seulement l’avenir de sa famille, elle est une force pour la nation », a-t-elle souligné.

Dans cette perspective, la ministre a appelé à une mobilisation collective impliquant les familles, les autorités religieuses et coutumières, les enseignants et les communautés. L’objectif est de renforcer la protection des filles, de promouvoir leur maintien à l’école et de prévenir toutes les formes de violence à leur encontre.

Cette démarche s’inscrit, selon les orientations évoquées lors de la rencontre, dans une volonté de promouvoir les droits de l’enfant et de faire de l’éducation des filles une priorité du développement national.

Des partenaires mobilisés pour des réponses durables

La célébration a également mis en évidence le rôle des partenaires techniques et financiers dans l’accompagnement des politiques de protection de l’enfance et de promotion des droits des filles.

L’ONU Femmes, l’UNICEF, l’UNFPA, Enabel, Plan International et Acted figurent parmi les partenaires cités pour leur contribution aux initiatives menées sur le terrain. Leur appui vise notamment à renforcer les actions de prévention, la sensibilisation des communautés et les mécanismes de protection des adolescentes.

Toutefois, la portée de ces engagements dépendra de leur traduction en actions concrètes et durables, au plus près des filles et de leurs familles.

Du plaidoyer aux actions concrètes

Au terme de cette célébration, les participants ont mis l’accent sur la nécessité de prolonger la mobilisation au-delà de la journée commémorative. La prévention des mariages d’enfants, la lutte contre les violences basées sur le genre, l’accès à l’éducation et l’accompagnement psychosocial et juridique des victimes demeurent des enjeux majeurs.

À Kolda, le message porté par les jeunes filles est clair : leur protection ne peut se limiter aux déclarations de principe. Elle suppose des mécanismes de prise en charge accessibles, une implication réelle des adolescentes dans les décisions et une action coordonnée de l’État, des collectivités territoriales, des partenaires et des communautés.

Investir dans les droits des filles, c’est protéger leur présent, préserver leurs possibilités d’avenir et renforcer le développement de toute la société.

Pape Kadialy BADJI

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