12 septembre 2026

Gabon : dix ans après la crise post-électorale de 2016, les victimes réclament toujours vérité et justice.

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LIBREVILLE — Dix ans après les violences qui avaient suivi l’élection présidentielle de 2016 au Gabon, les victimes et leurs familles continuent de réclamer vérité, justice et réparation. À l’approche du dixième anniversaire des événements des 31 août et 1er septembre 2016, le collectif des victimes entend maintenir la pression sur les autorités gabonaises et la communauté internationale.

La crise avait éclaté après l’annonce de la réélection d’Ali Bongo Ondimba, un résultat vivement contesté par son principal adversaire, Jean Ping. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, les forces de sécurité avaient notamment attaqué le quartier général de l’opposition à Libreville. Les violences s’étaient ensuite étendues à plusieurs secteurs de la capitale, avec des affrontements, des arrestations et des destructions.

Un bilan humain toujours controversé

Dix ans après les faits, l’un des principaux points de contentieux reste le nombre exact de victimes. Les chiffres avancés à l’époque divergeaient fortement selon les sources : le gouvernement avait évoqué trois morts, tandis que l’opposition et certaines organisations de défense des droits humains avaient fait état de plusieurs dizaines de décès.

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples s’était notamment inquiétée des informations faisant état d’une attaque contre le siège de l’opposition, où se trouvaient des responsables et des militants. L’Union européenne avait, de son côté, relevé des irrégularités dans le processus électoral et recommandé une enquête indépendante sur les violences.

Les victimes interpellent à nouveau les autorités

Depuis le changement de pouvoir intervenu en 2023, plusieurs victimes et organisations de la société civile espéraient une nouvelle impulsion judiciaire. Mais, selon les associations qui portent leurs revendications, aucune réponse globale n’a encore permis d’établir définitivement les responsabilités et de répondre aux demandes de réparation.

Le Collectif des victimes des violences post-électorales de 2016 a notamment saisi l’Union européenne fin août 2026 pour rappeler ses revendications et demander que la lumière soit faite sur les événements. Il réclame notamment la reconnaissance des victimes, l’établissement des responsabilités et des mesures de réparation.

Une page toujours ouverte de l’histoire gabonaise

Pour les familles concernées, l’enjeu dépasse désormais la seule question politique. Elles souhaitent connaître le sort de leurs proches, obtenir la reconnaissance officielle des victimes et voir les responsabilités établies.

Dix ans après, la crise de 2016 reste ainsi une plaie ouverte de l’histoire contemporaine du Gabon. La demande de vérité et de justice demeure au cœur des commémorations, alors que le pays cherche à tourner la page des années de tensions politiques.

KOLDAWEB — Pape Kadialy BADJI

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