12 septembre 2026

« Le pouvoir ne change pas les hommes : il les révèle » — Par Bassirou Kébé Pastef.

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DAKAR — Dans une tribune au ton particulièrement critique, Bassirou Kébé livre une réflexion sur les transformations des comportements lorsqu’un mouvement politique accède au pouvoir. Pour l’auteur, l’exercice du pouvoir agit comme une « loupe » : il ne transforme pas nécessairement les individus, mais révèle leurs véritables motivations, leurs fidélités et leurs ambitions.

Quand l’accès au pouvoir révèle les fidélités

Selon Bassirou Kébé, les périodes d’adversité favorisent naturellement la solidarité entre compagnons de lutte. Mais l’arrivée au pouvoir constitue, à ses yeux, une véritable épreuve.

L’accès aux responsabilités et aux avantages qui l’accompagnent permettrait de distinguer ceux qui restent attachés au projet collectif de ceux dont l’engagement était davantage lié aux perspectives personnelles qu’offrait le combat politique.

L’auteur tient toutefois à établir une distinction entre rupture et trahison. Changer d’opinion, reconnaître une erreur ou réviser sa position ne constitue pas, selon lui, une trahison. Celle-ci se situe plutôt dans le décalage volontaire entre le discours public et les intentions réelles.

Le douloureux examen de conscience

La déception provoquée par certaines ruptures conduit également l’auteur à une interrogation personnelle : « comment n’ai-je pas vu ? »

Pour Bassirou Kébé, cette question est plus douloureuse que la trahison elle-même, car elle remet en cause le jugement de celui qui avait accordé sa confiance.

Il refuse cependant d’en tirer la conclusion que la confiance serait une faiblesse ou que tous les hommes seraient mauvais. Pour lui, l’expérience doit plutôt conduire à davantage d’humilité et de lucidité.

Le « syndrome du parvenu » dénoncé

Dans la suite de sa tribune, l’auteur se montre beaucoup plus sévère envers certains anciens compagnons qu’il accuse d’avoir développé ce qu’il appelle le « syndrome du parvenu ».

Il évoque une ascension sociale et financière qu’il juge rapide et douteuse, qu’il associe à des frustrations et à des rancœurs anciennes.

Bassirou Kébé critique également ceux qui, selon lui, utilisent les réseaux sociaux pour invectiver, insulter ou diffuser des contrevérités, estimant que cette agitation masquerait des fragilités personnelles.

Des pratiques qu’il juge incompatibles avec la dignité

L’auteur s’en prend enfin à ceux qu’il présente comme des acteurs de manœuvres politiques et personnelles, allant jusqu’à évoquer des tentatives d’intrusion dans la vie privée.

Il dénonce surtout l’enrichissement rapide de certains responsables qu’il accuse, sans toutefois apporter dans cette tribune d’éléments permettant d’étayer individuellement ces accusations.

Selon lui, ces changements de comportement auraient également entraîné une rupture avec les anciens compagnons de lutte, notamment ceux qui connaissent leur parcours avant l’accession au pouvoir.

« Ils ont trahi le peuple sénégalais »

Dans une conclusion particulièrement forte, Bassirou Kébé estime que les comportements qu’il dénonce ne constituent pas seulement une trahison d’un projet politique.

Il considère qu’ils représentent également une trahison envers « les martyrs, les prisonniers, les blessés, les patriotes » et, plus largement, envers le peuple sénégalais.

Sa tribune apparaît ainsi comme un réquisitoire contre les dérives qu’il associe à l’exercice du pouvoir, mais aussi comme une réflexion sur la fidélité, la confiance, l’ambition personnelle et la responsabilité politique.

Pape Kadialy BADJI-KOLDAWEB

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