12 septembre 2026

DPG d’Al Amine Lô : le temps des intentions laisse place à l’épreuve des résultats.

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DAKAR — La Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô marque, selon l’analyse d’Alioune Ndiaye, une nouvelle étape dans laquelle les intentions devront désormais être confrontées à la réalité de l’exécution. Dans sa chronique « Les chroniques de la participation citoyenne », l’auteur estime que le gouvernement devra démontrer sa capacité à transformer ses annonces en résultats concrets pour les populations.

De la souveraineté politique à la souveraineté productive

Pour Alioune Ndiaye, l’un des principaux enseignements de cette DPG réside dans la volonté affichée d’assumer les contraintes économiques et financières du moment, tout en maintenant le cap de l’Agenda Sénégal 2050 et du PRES.

Il considère toutefois que la souveraineté ne peut se limiter aux dimensions politique et financière. Elle doit également être productive, industrielle, alimentaire, énergétique, technologique et humaine. Autrement dit, le Sénégal devra être capable de produire davantage, de transformer localement ses ressources, de créer des emplois et de réduire ses dépendances.

La rigueur budgétaire confrontée aux attentes sociales

L’auteur identifie également un enjeu majeur sur le terrain économique : transformer la stabilisation des finances publiques en croissance productive.

La rigueur budgétaire, écrit-il, ne doit pas devenir une finalité en soi. Elle doit permettre de restaurer la confiance, de relancer l’investissement, d’accompagner le secteur privé et de renforcer les PME.

Mais cette stratégie devra également répondre aux préoccupations quotidiennes des Sénégalais. Pouvoir d’achat, emploi, coût de la vie, santé, éducation, logement, transports, eau et électricité seront, selon lui, les principaux indicateurs permettant de mesurer l’efficacité de l’action gouvernementale.

L’emploi, principal test pour la jeunesse

La question de l’emploi apparaît comme l’un des tests les plus importants de la nouvelle politique gouvernementale.

Pour Alioune Ndiaye, les jeunes ne veulent plus seulement entendre parler de programmes. Ils attendent des compétences, des financements, des activités économiques, des marchés et des emplois durables.

Cela suppose, selon son analyse, une meilleure articulation entre formation professionnelle, apprentissage, entrepreneuriat, industrialisation, agriculture, numérique, économie sociale et solidaire et développement territorial.

Une question centrale se pose alors : combien d’emplois productifs et durables les politiques annoncées permettront-elles réellement de créer ?

Les territoires au cœur de la transformation

La territorialisation constitue un autre axe déterminant de cette analyse. Pour l’auteur, le développement du Sénégal ne peut être porté exclusivement depuis Dakar.

Les territoires doivent devenir des espaces de production, d’innovation, d’investissement et de création d’emplois, en s’appuyant sur leurs potentialités et leurs avantages comparatifs.

Cette approche implique, selon lui, de faire évoluer la décentralisation vers une véritable territorialisation des politiques publiques.

Le capital humain comme socle de la souveraineté

Alioune Ndiaye accorde également une place centrale au capital humain. L’éducation, la formation professionnelle et technique, l’alphabétisation, les compétences numériques et la formation continue doivent, selon lui, accompagner la transformation économique.

L’alphabétisation, en particulier, ne devrait plus être considérée comme le simple apprentissage de la lecture et de l’écriture. Elle doit également devenir un outil d’autonomisation, d’employabilité, d’entrepreneuriat et d’inclusion économique.

Une nouvelle culture de la performance publique

Pour l’auteur, la réussite de la DPG dépendra finalement moins du volume des annonces que de la capacité de l’administration à passer d’une logique de moyens à une logique de résultats.

Cela implique des objectifs précis, des indicateurs de performance, des responsabilités clairement définies, des calendriers d’exécution, une évaluation régulière et une véritable reddition des comptes.

La transformation des pratiques de gouvernance apparaît ainsi comme une condition essentielle de la crédibilité de la rupture annoncée.

Sortir de la confrontation permanente

Sur le plan politique, Alioune Ndiaye appelle également à un déplacement du débat démocratique, de la confrontation permanente vers les résultats, les solutions et l’intérêt national.

Il estime par ailleurs que la justice doit contribuer à réconcilier sans effacer, juger sans persécuter et garantir l’égalité des citoyens devant la loi.

À l’international, la souveraineté ne devrait pas signifier l’isolement. Elle doit plutôt permettre au Sénégal de diversifier ses partenariats, défendre ses intérêts et renforcer sa capacité de négociation.

Le véritable verdict : les résultats

Au terme de son analyse, Alioune Ndiaye considère la DPG comme la formulation d’un nouveau contrat de performance entre l’État et les citoyens : le gouvernement demande du temps et des efforts, tandis que les populations attendent de la transparence, de la justice et surtout des résultats.

La question centrale n’est donc plus seulement de savoir ce que promet le gouvernement, mais bien de mesurer ce qui aura concrètement changé dans la vie des Sénégalais.

Le cap affiché est celui de la souveraineté et de la transformation. La méthode repose sur la rigueur, le dialogue, l’évaluation et la responsabilité. L’objectif demeure la création de richesse, d’emplois et l’amélioration des conditions de vie.

En définitive, estime Alioune Ndiaye, le temps des intentions laisse désormais place à l’épreuve de l’exécution. Et au bout du compte, les Sénégalais jugeront le gouvernement sur un seul critère : les résultats.

Alioune Ndiaye
Expert en développement international — Écrivain — Agent au ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique — Professeur vacataire à la FST-UCAD

Pape Kadialy BADJI

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